lundi, 13 juillet 2009
Infiniment là
Durant une heure, Anne Conti et son band nous guide sur le terrain de la mélancolie, dans un rock poétisé, proche d’influences comme Canta ou Ringer.
Même si l’énegie et la présence remarquable de la chanteuse donnent au concert une puissance certaine, je n’ai pas été conquis par la musique et les mots, mais les goûts et les couleurs…
Elle porte sur scène une sorte de détresse personnelle, elle se met constamment à nu face au public, et elle semble plus intéressée par le métier de chanteuse comme une thérapie que par la musique…
Les musiciens qui l’accompagnent jouent avec brio, proposant des instruments originaux, mais ne participent pas à la mise en scène, consacrée uniquement aux moments solo de leur leader, qui nous chuchote alors au micro des parcelles de son imaginaire, presque maladroite…
Au Chien qui fume jusqu'au 31 juillet
19:51 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : infiniment là
dimanche, 12 juillet 2009
Comme un gant
Un numéro rafraîchissant et spectaculaire à la modernité assumé, samplant avec justesse les codes du théatre, du mime et de la boxe.
Comme lors d’un match, les deux comédiens figurent les rôles du boxeur et du commentateur sportif, le premier mimant ce que dis le second et inversement.
Puis le texte de Raphaël Gouisset nous amène peu à peu, de l’histoire d’Ernest, fils d’un boxeur et d’une boxeuse vers des numéros de mime, de magie, dans une gestuelle chaplinesque de Guillaume Pigé.
Après une première musique, hyper connue et identifiée, qui pourrait déservir la singularité du projet, la diffusion d’une sorte de play-list devient finalement légitime parce qu’illustrations intéligente des tableaux.
Peut-être aussi vu la jeunesse de la compagnie Théâtre Re, la justesse du rythme et la construction captivante du texte sont autant de réussites remarquables.
Pulsion Théâtre, jusqu'au 31 juillet
17:13 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : comme un gant
Le cirque des mirages
En introduisant tout d’abord deux personnages aux allures gothiques, Le cirque des mirages capte l’attention du spectateur en proposant un univers singulier et habité, parti pris ambitieux qui ne va ensuite cesser de décevoir par la mise en œuvre du spectacle.
L’utilisation du plateau se résume par la suite à un tour de chant à l’imagination limitée : multiples utilisations de personnages caricaturaux (diable, aveugle…) sous le joug d’influences pas assez ou trop marquées (Ferssen, Brel…).
Yanowski enchaîne alors des chansons aux paroles rendues incompréhensibles par la multiplication des effets vocaux, le tout face à un micro tout à fait superflu vu le coffre naturel de l’artiste.
Fred Parker accompagne au piano et (trop peu) à la voix.
Quelques réussites sur des essais du côté du jazz ou du sketch, mais dans l’ensemble, un exercice ennuyeux, manquant cruellement de rebondissement, ou même d’une infime part de narration.
Au chien qui Fume jusqu'au 31 juillet
17:13 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : le cirque des mirages
mercredi, 08 juillet 2009
"Vite, rien ne presse!"
Comme on l’a connu pendant longtemps en tant que chroniqueur au Fou du Roi, Vincent Roca continue sur scène d’être un beau parleur, un maître es-langue
Le spectacle ajoute à ses capacités verbales les gimmicks gestuels qui portent ses phrases, lancent ses phases.
Comme un slameur, mais peut-être avec un peu moins de l’auto-satisfaction qui encombre ces porteurs de mots, il jongle couramment avec la langue fançaise, détourne les mots, fait des phrases avec emphase et se donne même le micro pour quelques parties chantées, hommage à Bashung, verbe sonorisé, notisé.
Plus porté par la langue que par les dogmes, Roca enfile des textes pour le plaisir des rimes et ne se permet que quelques digrétions politiques marquées à gauche, comme ses confères Porte et ex-Carlier…
Ici il parle du temps, de la vie à la mort, puis de plus rien, juste des mots qui font jeux, qui font mouche.
au Théâtre des Béliers jusqu'au 31 juillet
18:38 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : "vite, rien ne presse!", vincent roca
vendredi, 24 avril 2009
En même temps
Un one man show sportif et intrépide, où Gérald Robert-Tissot saute du coq à l'âne au fil de ses émotions, fondatrices et accessoires, un essai existentialiste, des questions autour de l'être, de son rapport au monde, un homme qui s'intéroge, s'angoisse, s'apitoie, se réjouie, bref, ressent!
Parfois un peu lourd dans une volonté de s'ancrer dans l'actualité, le texte de Evguéni Grichkovets a pourtant souvent la pertinence de traiter de petites choses qui savent trouver leurs échos chez le spectateur.
Les éléments de comique agrémentent cette pièce simple et, alors, divertissante, sans donner totalement dans le café théatre…
à l'Élysée (de Lyon) jusqu'au 25 avril
10:58 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : en même temps, evguéni grichkovets, gérald robert-tissot
jeudi, 18 décembre 2008
Notre cerisaie
On avait déjà été ravis par la mise en scène de leur Médée, vu à l'Astrée en 2007, la compagnie des trois huit récidive avec une interprétation enthousiasmante de Notre Cerisaie (Tchekhov).
Déjà avec Médée on était entré dans un univers habité et créatif où la musique, la vidéo et le jeu entraient en communion pour raconter avec brio une histoire au classicisme et à la violence légendaires, mélant les textes des nombreux auteurs ayant abordé l'oeuvre, avec Notre Cerisaie, on retrouve en partie cette démarche, avec, ici, le montage de texte aussi, mais sur la base des traductions multiples d'un auteur unique et l'ajout de quelques références cinématographiques, littéraires et politiques, illustrant l'idée d'un attachement à une certaine forme de culture.
Un spectacle de trois heures, c'est limite interdit aujourd'hui, tant la perspective a des chances de refroidir la quasi-totalité des spectateurs potentiels, mais quand cette durée est justifiée par une qualité artistique indubitable et le parti pris d'une participation relative mais concernante du publique, le théatre ne désemplie pas pendant les deux semaines de programmation de la pièce autant à sa création l'année dernière que pour la reprise qui se termine tout juste ces jours-ci.
Le spectacle joue alors sur deux axes essentiels: une mise en scène évolutive centrée sur une boite à son et à lumière d'une taille considérable, qui va ensuite devenir, au fil du spectacle, balcon, puis table. Et puis l'idée de faire déménager en cours de route les spectateurs de la rassurante position des gradins vers le péril de la présence scénique, à l'occasion d'un dîner, parti de la pièce, qui continue alors à se jouer dans le public!
Et puis la musique qui accompagne cette mise en image, un peu illustrative à certains moments, très importante pour le principe de "la boite à son", elle prend parfois le contrôle du déroullé et donne sa pleine mesure lors d'une valse rétro-moderne inspirée.
16:40 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : notre cerisaie, la cerisaie, tchekhov, lestrois-huit, sylvie mongin-algan
jeudi, 05 juin 2008
La belle et la bête en chantier
Virgnie Dejeux nous propose une nouvelle fois, à travers son filtre "danse contemporaine intellectualisée" une adaptation d'un conte classique, matière désormais logiquement vue sous le jour de la psychanalyse.
On entre au départ dans un univers nouveau, fabriqué, une scénographie englobante qui comprend le spectateur, qui se trouve alors au sein d'un cocon d'organdi, formant un théâtre, un lieu idéal pour l'action du conte.
Entrent alors par une porte en bois, comme une de celles du monde merveilleux d'Alice, deux danseuses, doucement, d'abord des mains qui évoquent une première narration, puis les corps entiers, qui évoluent autour d'un module composé de coussins, comme dans un rêve, proche du sommeil par le rythme, le thème et la scénographie.
Sans en saisir tous les sens, on est alors spectateur d'une pièce qui se veut peut-être une compilation des différentes allégories et métaphores autour de la belle et la bête, la belle est la bête, la belle hait la bête…
12:02 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : virginie dejeux, compagnie apparement
lundi, 28 avril 2008
Salut
Présentée au théâtre des marronniers à Lyon ces trois dernières semaines, la pièce de Yann Ducruet est de qualité.
Pendant une bonne heure, on suit l'histoire de cet homme, le dernier sur terre, las et triste sur son île quand tout a été englouti par les flots; qui, pour subsister pêche et comble de son malheur, va ramener du bout de sa canne, la seule espèce qu'il ne peut se résoudre à consommer, un, humain!
Et de là le fatalisme des premiers instants laisse place au lyrisme d'une forme évolutive qui sait devenir comédie musicale, puis retraverser, de ce théâtre très moderne, vers des moments plus classiques en donnant du côté des mythologies (la scène serait un purgatoire…?).
Un espace prenant, divertissant et réflectif, ou il fait bon se promener.
18:05 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note