mardi, 10 mars 2009
Harvey Milk
Bien qu'il se donne, durant de trop courtes séquences, le plaisir de filmer des gens de dos, puis de face, en raccord, marchand dans un couloir ou dans la rue, on est bien loin du cinéma habituel de Gus Van Sant, qui traite ici à nouveau une histoire réelle, mais colle bien plus (bien trop?) à cette réalité et surtout aux manière habituelles de tourner les "True Story" et autres biographies…
Bien loin donc du plaisir de cinéphilie que pouvait inspirer Last Days, Elephant ou Paranoid Park, Harvey Milk est un film bien tiède.
Bien sûr Sean Penn est excellent, mais il l'est toujours, j'aurais aimé voir un film de Van Sant et pas un film avec Sean Penn, à quand le retour aux acteurs inconnus, castings qui ont faits la qualité des précédents films, en laissant toute la place à la caméra, virtuose, cubique, aérienne…?
On sait pourtant que le cinéaste est capable de films mineurs, formatés, tels Prête à tout… mais Harvey Milk n'est ni complètement dans ce registre, ni vraiment dans l'autre, tellement plus "art et essai".
Pour autant la filmo de Van Sant avait cette cohérence que ses scénarios enchaînaient toujours dans une continuité simple les évenements de l'histoire. Les sauts dans le temps, avec les années en inter-titres brisent cet enchaînement, empéchant toute souplesse de narration, un peu comme dans un Harry Flint… et puis le choix du temps du réel comme celui d'une confession de Milk, racontant son histoire, ce qui motive les retours en arrière systématiques évoquent Entretient avec un vampire…
J'attends le prochain Van Sant avec une impatiente d'autant plus forte!
16:46 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : harvey milk, gus van sant, sean penn, josh brolin, emile hirsch
mercredi, 16 juillet 2008
Into the wild
Sean Penn, s'il est souvent un acteur magistral, n'a en fait vraiment pas fait d'étincelles depuis qu'il est passé derrière la caméra…
Déjà Indian Runner et Crossing Guard étaient des films mineurs, sans être mauvais, Into the wild se révèle de la même veine. Cette adaptation du roman de Jon Krakaeur est faite sans perspective, avec souvent des mauvaises idées de réalisation, notamment toute une série d'effets, autant sur les titres que pour l'utilisation du split-screen, toujours mal venus et assez moches.
Chris (Emile Hirsh) est un adolescent paumé, traumatisé par la révélation tardive d'un secret familial entraînant une rupture inévitable avec ses parents, qui prend alors la route pour se reconstruire sur des bases introspectives excluant tout lien social, par un voyage en Alaska, en terre sauvage, Into the wild…
Sur cette base, le film pourrait être beau, mais Sean Penn a l'indélicatesse de rendre ce film, qui aurait pu avoir l'intelligence de la contemplation, bavard, collant très souvent à ses images des voix off, des citations… On sort alors de la magie de la communion entre l'homme et la nature, pour une impression agaçante d'avoir côtoyé pendant 2h30 un adolescent avec une grande bouche et une petite tête.
Parce que prendre des risques aussi inconsidérés pour se dépasser et finir seul dans un monde qu'il ne domine qu'un temps (grâce à un fusil aux cartouches inépuisables…!) à seul fin de découvrir que le bonheur ne se gagne que s'il est partagé, est finalement une démarche bien absurde…
13:35 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : into the wild, sean penn, emile hirsh