mardi, 17 juin 2008

La Consolante

La Consolante.jpgAprès la jeune Camille, c'est au tour de Charles Balanda d'entrer dans le cabinet de la psychanalyste/romancière, pour, en 600 pages revenir une bonne fois sur son passé, solder ses comptes avec son enfance, vivre encore les parties fondatrices et traumatisantes de sa vie pour se donner enfin le droit à la dernière partie, la Consolante, celle qui ne donne plus la peine des enjeux fondamentaux, qui rachète toutes les autres.

Le roman est construit en trois parties, en trois types de narration: le récit, l'écriture et l'émotion, styles qui donnent un ton et permettent l'évolution narrative.

Le récit laisse la place à quelque chose de classique, où l'on suit les pérégrinations d'un héros au tournant de sa vie.

L'écriture comme un emprunt au nouveau roman, ce qui rend alors le livre très formel, avec une utilisation intensive du passé simple pour décrire des suites d'actions sans indication de durée; écriture formelle qui est même décryptée par la romancière qui nous propose ses pistes pour la suite, formalise ses doutes.

L'émotion si proche de l'écriture de Ensemble c'est tout, là encore des êtres asociaux vont parvenir à la construction familiale idéale et structurante dont on ne peut rêver que lorsqu'on est personnage de roman…

Une lecture jubilatoire encore, un roman qui se dévore et qui n'a sûrement pas la bêtise de la simplicité.