mardi, 05 février 2008

Promets-moi

7953ca0d903e6b374c8bbbdcc7260d75.jpgLe dernier Kusturica, sorti mercredi dernier et que j'ai vu aujourd'hui, avec un peu de déception quand même.

Dans Promets-moi, il y a du Temps des gitans et de La vie est un miracle, mais en moins bien, en version bis, on connaît déjà les personnages et leurs caractères, le film n'apporte pas grand chose à la filmo du serbe.

C'est une sorte de reprise du thème du ras des villes et du ras des champs, dans les préalables nuptiaux de deux couples, de deux générations, un grand père et son petit fils qui ont toujours vécu seuls, dans leur village, loin de tout, troublé par les arrivées intempestives et toujours en musique de visiteurs forcément gênants dans ce havre de paix (peut-être un peu comme à Küstendorf?).

Oui l'actrice est très jolie et pleine de talent, mais les méchants zoophiles, les gros flingues et les orchestres qui jouent même sous les bombes, on a déjà vu…

Dommage que Kusturica ne cherche pas un peu ailleurs son inspiration…

Apparemment il laisse un peu les reines à son fils Stribor, qui compose et joue la musique et interprète un rôle important, mais on reste dans le confort de l'identité kalachnikof, pitbull terrier et ringe ringe raya… 

Mais sinon c'est bien quand même, je peux pas prétendre m'être ennuyé, et puis les inventions/pièges du papy sont assez drôle, film à voir quand même, mais en DVD? 

Arizona Dream

53e7189f021d059afd09bb9305faa473.jpgLE film américain d'Émir Kusturica, le seul, toujours serbe avant, et toujours serbe après, mais quel film! Le cinéaste met son imagerie baroque et sa science de l'absurde au service de ce projet à la distribution rêvée, tant sur l'écran: Johnny Depp, Jerry Lewis, Fay Dunaway, Lili Taymor et Vincent Gallo, qu'à la musique, bande originale composée à quatre mains par Goran Bregovic et Iggy Pop (qui, pour la petite histoire, se fâchèrent pour les droits pendant les années 90, ce qui fit monter la valeur de l'exemplaire de la BO à 600F).

Tout juste après les merveilleux Temps des gitans et Papa est en voyage d'affaires, Kusturica découvrait donc l'Amérique, tout comme son héros, Alex (interprété par Johnny Depp), sorte de pionnier qui rêve en comptant ses poissons en se remémorant les paroles de sa mère qui lui disait chaque matin à son réveil: "Good morning Colombus".

Comme nos rêves sont empreints de réels, les poissons de New York suivent alors Alex (en volant!) quand son cousin vient le chercher, en le saoulant pour le ramener vers leur oncle qui prépare ses noces et veut léguer aux jeunes son rêve américain, son magasin de cadillacs.

Tiré de son rêve citadin, Alex s'en construit un autre, dément, baroque, avec deux femmes, qui vont lui prendre son coeur et sa raison, dans cette maison ou il devient inventeur, gigolo, poulle…

vendredi, 11 janvier 2008

La vie est un miracle

3cf35e75ffba15e8b6c0a239a335bf3e.jpgComme dit Oliver Stone, on ne traite jamais aussi bien un sujet que s'il nous touche personnellement et profondément.
En s'attelant en 2004 à ce projet qui met en scène une sorte de remake de Roméo et Juliette, en version serbo-croate, Émir Kusturica a donner une nouvelle fois la preuve de ses talents de réalisateur.
Bien que le style et le traitement fassent souvent penser à "Chat noir chat blanc", le film a de multiples aspects uniques dans la filmo du réalisateur Serbe, comme ce plaidoyer pour la paix, ces parties pris contre les médias télévisés: la TV jeté par la fenêtre par Luka, le rôle de l'équipe de télévision à la fin, qui stigmatise les ressenties des "otages" échangés, comme pour cristalliser les humeurs guerrières entre les peuples qui avaient trouvé dans cette histoire singulière, un terrain d'entente dans l'amour des deux héros, comme cette voie de chemin de fer, construite aussi par Luka, et qui relie les deux régions.
A noter la scène tout à fait formidable, en terme d'éclairage, du match de foot sous la pluie, disputé entre autre par Milos, fils de Luka, scène burlesque qui introduit la guerre dans le scripte.
Il est toujours un peu dommage que les BO ne soient plus composées par le génial Goran Bregovic, mais le No Smoking Orchestra envoie aussi du lourd, et la musique est à la hauteur de ses précédentes.
Lors du tournage, le metteur en scène a découvert un lieu sur lequel il a bâti depuis un village, qui lui sert à la fois d'habitation et de centre de ressources pour ses productions musicales et cinématographiques: Küstendorf.