mardi, 10 mars 2009

Harvey Milk

Harvey Milk.jpgBien qu'il se donne, durant de trop courtes séquences, le plaisir de filmer des gens de dos, puis de face, en raccord, marchand dans un couloir ou dans la rue, on est bien loin du cinéma habituel de Gus Van Sant, qui traite ici à nouveau une histoire réelle, mais colle bien plus (bien trop?) à cette réalité et surtout aux manière habituelles de tourner les "True Story" et autres biographies…

Bien loin donc du plaisir de cinéphilie que pouvait inspirer Last Days, Elephant ou Paranoid Park, Harvey Milk est un film bien tiède.

Bien sûr Sean Penn est excellent, mais il l'est toujours, j'aurais aimé voir un film de Van Sant et pas un film avec Sean Penn, à quand le retour aux acteurs inconnus, castings qui ont faits la qualité des précédents films, en laissant toute la place à la caméra, virtuose, cubique, aérienne…?

On sait pourtant que le cinéaste est capable de films mineurs, formatés, tels Prête à tout… mais Harvey Milk n'est ni complètement dans ce registre, ni vraiment dans l'autre, tellement plus "art et essai".

Pour autant la filmo de Van Sant avait cette cohérence que ses scénarios enchaînaient toujours dans une continuité simple les évenements de l'histoire. Les sauts dans le temps, avec les années en inter-titres brisent cet enchaînement, empéchant toute souplesse de narration, un peu comme dans un Harry Flint… et puis le choix du temps du réel comme celui d'une confession de Milk, racontant son histoire, ce qui motive les retours en arrière systématiques évoquent Entretient avec un vampire…

J'attends le prochain Van Sant avec une impatiente d'autant plus forte!

mardi, 01 janvier 2008

Paranoid Park

f885879a550a18528bf0d5fe2dbc9b7a.jpgDepuis 1985, le cinéaste Gus Van Sant nous délecte de son cinéma novateur, comme un chercheur dans son labo, il tourne dans une quête de l'image cinéma pure, donnant au septième art une forme qui ne peut être approchée autrement qu'en pellicule.
Il y a aussi bien sûr les autres, les "Will Hunting", les "Prête à tout", et l'étrange "Psycho", mais ici, le réalisateur américain se place franchement dans la suite de son triptyque "Elephant", "Gerry" et "Last days".
Le montage peut devenir cubique, la mise en scène est aérienne et la bande son assez étonnante, mélangant des poèmes dits avec des musiques de tout genre, passant, sans préavis, des airs classiques, au rock, hip-hop ou hard rock.
L'histoire est (encore) celle d'un jeune homme, acteur inconnu découvert par Van Sant (Gabriel Nevins), qu'on suit dans ses tribulations quotidiennes, mais celui-ci n'a pas l'assurance comme skateur de la bande de Wassup Rockers, il ne se sent pas la maturité de fréquenter le skate park, le Paranoid Park voisin, décor intimidant comme une prémonition que le fait d'aller dans cet endroit va amener le héros et le film de la catégorie "art et essai" vers un scénario de polar qui fait de l'oeuvre le "Match Point" de Gus Van Sant.