vendredi, 06 novembre 2009

Petites Eclipses

PetitesEclipses_22052007.jpgLorsque deux auteurs de BD se rencontrent pour travailler ensembles, en se mettant comme contrainte la création de trois personnages chacun ET de mettre d'eux-même dans ces personages, le résultat resemble à explosion d'une personnalité en six occurrences.

Cinq amis donc prennent quatre jours en gîte rural, sous le prétexte d'admirer une éclipse, un couple, une ex, un homo, un homme marié, amis de longue date, rejoinds par un sixième individu, une gamine, 19 ans, cyber (et futur réelle) maîtresse de l'homme marié. Et comme les hommes ont décidé de profiter de l'occasion de cette parenthèse pour régler des comptes avec leurs vies, le calme propice aux vacances est de courte durée: 1 page sur 292.

Et les trentenaires s'enflament, et ça geulle, énormément, ça ne communique qu'à coup de grandes vérités (un peu comme dans Saga de Benacquista, quand les scénaristes décident que leurs personages ne diront plus que des phrases nues).

Cette situation très électrique devient presque fatiguante, mais la qualité du trait aide beaucoup à supporter les grosses bulles écrites en gras.

On s'attarde surtout sur la situation du type qui va tromper sa femme et du couple dont le mec a invité sa maitresse pour réconcilier les deux femmes (mais quelle drôle d'idée…?), mais c'est l'homo, célibataire (lui) qui va tomber amoureux d'un autochtone, qui a une tante, qui possède un don de médium: entrée d'un personnage incroyable, omniscient et caustique, qui va, lors d'une séance de thérapie de groupe, finir de secouer le panier des traumatismes individuels et collectifs de la petite bande, jusqu'à l'explosion qui autorise le dénouement.

Je serais Télérama, je dessinerais un pti bonhome super content.