mardi, 24 février 2009

Un pays à l'aube

Un pays à l'aube.jpgEt Lehane de s'émanciper de ses habitudes de narration individuelle pour nous proposer cette fois une fresque, autour de trois personnages principaux, avec pour décor l'Amérique (et sa ville, Boston en particulier) de 1918 jusqu'à l'entrée en vigueur de la prohibition.

Babe Ruth, joueur de base-ball, dont la carrière est en plein envol, reste en périphérie du réçit principal, et ses tribulations vont servir principalement à titrer les parties. Il incarne la réussite, la gloire dans une nation toujours en mal d'entertainement.

Luther Laurence, porte le sujet de l'apartheid, avec ses espoirs de liberté, son penchant pour le jeu qui va faire de lui un criminel, un homme en fuite. C'est sa condition de noir qui va l'empécher de devenir le grand joueur de base-ball qu'il aurait pu devenir, battant même Babe Ruth lors de la séquence introductive.

Danny Coughlin, policier du BPD, irlandais, deuxième génération de migrant, si attaché au classes populaires qu'il va préférer le combat des travailleurs, découvert par une mission d'infiltration, à la réussite que lui promettais son père. Il devient l'ami de Luther contre toute les convenances.

Autour de ces individus, leurs familles, d'origine et de coeur, et un contexte social, une accélération de l'histoire qui va les faire marquer leur temps, puisqu'acteurs majeurs des contradictions de leurs classes.

Comme à chaque génération, des hommes se lèvent pour refuser la place et le destin qui leur a été choisie par ceux qui dirigent dans l'ombre, prêts à tout perdre pour vivre selon leurs idéaux.

Un livre majeur, sur le melting-pot que compose la société américaine, les drames du metissage qui ont écris son histoire.

vendredi, 05 décembre 2008

shutter island

shutter-island.jpgL'univers riche et fort de Lehanne continue de faire des émules avec cette adaptation de son Shutter Island en BD.

Une initiative lancée par la collection Rivages/Noir, dans une série de romans adaptés en dessins qui donne lieu à des collaborations intéressantes entre auteurs des deux médias.

Déjà adapté au cinéma par Clint Eastwood pour Mystic River et Ben Affleck pour Gone baby gone, Denis Lehane est principalement l'auteur d'une série de romans ayant pour décor les quartiers pauvres de Boston et mettant en scène un duo/couple de privés réglant avec violence et témérité des affaires sordides.

Laissant de côté sa série Kenzie/Gennaro depuis 98, il écrit désormais des romans plus singuliers, comme Shutter Island en 2003.

Celui-ci met aussi en scène un duo lancé dans la résolution d'une enquète policière, mais ici, il s'agit de deux marshals fédéraux. Une des patientes/prisonnières d'un hôpital psychiatrique/prison aux techniques modernes s'est échappée et les deux hommes ont alors pour mission de la retrouver.

Du fait du statut de ce lieu particulier, des techniques alternatives qu'on y emploie et de la nature des prisonniers, les possibilités pour les deux policiers de mener une enquète de manière classique se révèlent de plus en plus ténues, leurs recherches vont devenir alors de plus en plus solitaires, loin de l'aide que pourrait leur apporter les personnels du pénitencier, jusqu'à les laisser seuls en prise avec des intrigues s'éloignant du réel…

Un huis clos de plus en plus serré donc, ou la folie et l'emprisonnement vont passer du décor au sujet au fil des pages…

Les aquarelles de De Metter illustrent alors parfaitement cette ambiance par le jeu des taches de couleurs qui laissent vague les contours et rendent confus l'identification des personnages.

Et bientôt Martin Scorcese dirigera DiCaprio dans une adaptation de l'oeuvre au cinéma.

samedi, 05 juillet 2008

Coronado

coronado.jpgJ'ai déjà parlé sur ce blog de l'intérêt que je porte aux écrits de Lehane, et particulièrement à sa série, où il met en scène un duo/couple de privées Angie Gennaro et Patrick Kenzie.

J'ai donc été d'autant plus déçu à la lecture de ce dernier ouvrage qui est en réalité un recueil de nouvelles, qui ne parlent absolument pas des deux héros habituels de l'écrivain américain.

Plusieurs histoires donc, assez glauques, des affaires de vengeances, de petites villes américaines aux habitants sans avenir, un échantillon de ce qu'il y a de violent et de désaxé dans cette civilisation que, comme l'auteur, j'ai du mal à comprendre.

Si encore il s'était arrêté à cette sorte de constat ethnologique sous forme de plusieurs fictions courtes! Mais ma déception va plus loin quand il se propose de poursuivre le récit d'une de ses nouvelles, sous forme de pièce de théâtre, puis qu'il indique pendant plusieurs pages la distribution des rôles lors des différentes représentations…

Il y a longtemps que je n'hésite plus à fermer un livre quand je n'y trouve plus d'intéret… 

jeudi, 03 janvier 2008

Gone baybe gone

944e19fd95f5e310e8cca71c77435c26.jpgFan de Denis Lehane depuis que je l'ai découvert l'an dernier en lisant Shutter Island, j'avais aussi appris entre temps qu'il était l'auteur du roman dont fut tiré le Mystic River de Clint Eastwood.
ça fait toujours un peu peur quand un acteur se place de l'autre côté de la caméra, mais le pari est plutôt réussi pour Ben Affleck qui dirige ici son frère Cassey dans le rôle de Patrick Kenzie, le composant masculin du binôme de privés qui enquêtent depuis quelques années chez Lehane.
Kenzie part ici à la recherche d'une petite fille enlevée à sa mère, ce qui n'est qu'un nouveau prétexte pour nous replonger dans les quartiers obscurs de Boston avec sa population métissée, pauvre et délinquante dont est issu le détective, ainsi qu'à suivre un nouvel épisode de la relation amoureuse complexe qu'il entretient avec Angie Gennaro sa séduisante collègue.
Ben Affleck conduit plutôt bien sa mise en scène pendant la première heure, en donnant leurs dimensions à la ville, au héros et à l'histoire, la suite est plus maladroite, même si le scénario est prenant et il manque quelques-uns des ingrédients que j'aime le plus chez Lehane, qu'on retrouvent dans Sacré et Un dernier Verre avant la guerre.