mercredi, 31 décembre 2008

Burn after reading

Burn after reading.jpgVu la filmo le plus souvent formidable des deux frangins, on s'attend toujours à tomber sur une nouvelle perle quand on va au ciné voir le dernier film des frères Coen, mais Burn After Reading, se place dans la continuité de deux réalisations précédentes beaucoup moins glorieuses que Fargo, Barton Fink, The big lebovski ou O'brother were art thou?: Intolérable cruauté et Ladykillers.

On se demande bien pourquoi, ils tiennent à réaliser de tels navets quand on les sait capables de prouesses si remarquables… peut-être obligation contractuels qui les lient à des studios, comme pour Ridley Scott (La chute du faucon noir, Kingdom of heaven) ou Tim Burton (La planète des singes, Big fish, Charlie et la chocolaterie). C'est peut-être là qu'on comprend l'intéret de l'exception culturelle française, qui permet aux réalisateurs hexagonaux de tourner sans rentabilité…

Burn after reading c'est l'histoire d'un mec (John Malkovitch), démissioné de la CIA, que sa femme cherche alors à quitter. Pour se faire, elle pèche aux hasards des secrets de son mari des données classées top secret qui vont tomber par accident dans les mains d'une employée d'un club de gym (Frances Mc Dormand) prête à tout pour obtenir l'argent qui lui permettra de faire les opérations de chirurgie esthétique qui cacheront les années superflues.

Tout ça est traité dans un mode minimaliste, de moyen, de décors, d'idées et rend le film assez peu intéressant, décevant, sauf peut-être pour son côté "suite de gag" (Brad Pitt et sa gestuelle de débile/disco, George Clooney et l'étonnante surprise qu'il prépare pour sa femme…) qui pour le coup est la seule chose qui rappel une présence au poste de la réalisation.

Mais j'ai peut-être été simplement géné par une différence culturelle, il est bien possible que ce tout petit film parodique d'espionnage fasse bien rigoler les concitoyens de la CIA…

vendredi, 13 juin 2008

Blood Simple

Blood Simple.jpgLe premier film des frères Coen, daté de 1985, avec déjà leur actrice fétiche, Frances Mc Dormand, une BO de musiques pré-existantes très bien choisies (Four Tops, Ottis Redding…), des personnages secondaires très biens écrits, avec une classe complètement rock'n roll, comme ici Meurice, le barman.

Le scénario et le traitement sont complètement calqués sur les processus de fabrication des films noirs classiques, mais comme c'est un film estampillé "Les frères Coen", il trouve sa modernité dans le niveau de violence bien plus important que chez les classiques.

D'ici à No coutnry for old men, on retrouve la même référence à la moralité, à la normalité, délaissée par des personnages qui deviennent ainsi sujets, c'est la rupture de leurs comportements qui implique la dramaturgie.

L'omniprésence des codes de films noirs font de "Sang pour Sang" un peu plus un sous-produit hitchcockien qu'un véritable film des frères Coen, comme ils ont pu en réaliser tant depuis, et je n'ai retrouvé le plaisir du spectateur que lors de la séquence finale, qui ramène (comme si souvent) les personnages à un niveau de bestialité brute qui leur permettra d'autant plus la survie qu'ils sauront devenir dominants. 

jeudi, 24 janvier 2008

No country for old men

2594fc9231056b8e1facb7a3aedd948d.jpgATTENTION c'est très violent, et en fait assez différent de ce qu'ont fait les frères Coen jusque là, il y a du renouvelement dans l'univers des deux frangins, et c'est pas mal… mais c'est peut-être encore un peu tôt dans ce nouveau virage et le film est assez décevant (bien sûr je n'engage que moi, mais ça va de soit… non?).

L'histoire commence quand un homme qui chasse dans le désert, et part à la poursuite d'un animal qu'il a touché, se trouve face à d'autres gibiers imprévus, des hommes qui se sont fusillés "à la O.K. Corral". Car ici les hommes sont traqués et traqueurs, retour complet à la bestialité et à la logique primaire de survie.

C'est aussi une question de domination, physique, mais qui implique aussi un univers psychologique, chaque homme/animal a ses codes, et sa capacité de domination physique va lui permettre de montrer la suppériorité de ses codes; l'argent, l'intrépidité, la folie et la tradition pour les quatre hommes qui portent ce film.

Javier Bardem, est saisissant de cruauté et de violence, vraiment impressionant, surtout pour un type qui a dans le passé joué des rôles d'homo et de tétraplégique (Mar Adentro).

On est content aussi de retrouver Tommy Lee Jones (bien meilleur que dans son western, trois enterrements) et Woody Arrelson .

Le rythme du film est un peu étrange puisqu'on est embarqué pendant une bonne période centrale dans un suspens très prenant, le tout entouré de deux séquences calmes, Tommy Lee Jones moralisant, regretant le bon vieux temps…