mardi, 06 mai 2008
Just a Kiss
Non, Ken Loach n'est pas un réalisateur de films chiants, sociaux, toujours dans le même style, il a, bien sûr, mais comme tant d'autres, son univers, son style, et même s'il est prolifique comme réalisateur, j'ai eu la chance de voir quelque uns de ses films qui ne sont pas que les éléments d'une longue liste de réalisations (notamment Sweet sixteen, exceptionnel).
Dans Just a Kiss, on suit la rencontre, puis la construction amoureuse d'un couple anglo-pakistanais, gêné fortement par l'incompréhension de leurs castes/tribus d'origines.
Le Royaume-Uni est un pays de mélange, on connaissait déjà l'importance de la communauté indo-pakistanaise, vue notamment dans des films comme le sympathique Joue la comme Beckham. Casim est donc pakistanais, Roisin est irlandaise, et malgré leurs différences évidentes ils ont immédiatement cette complicité des gens qui s'aiment. Mais Casim doit se marier dans quelques semaines avec sa cousine et c'est ce temps qui va devenir celui du récit, le temps qui leur est donné pour faire des choix qui les mettront en marge de leurs communautés qui refusent férocement cette exogamie insupportable.
Roisin est enseignante à mi-temps, mais lorsqu'elle doit être titularisé, on découvre qu'elle doit fournir un certificat de bonne conduite délivré par le curé de sa paroisse, comme prof dans une école catholique, démarche qui paraît incroyable dans notre pays ou les lois sont parfois bien étranges et loin de nos convictions mais ont au moins l'avantage de respecter la laïcité!
Dans la famille de Casim, il y a les parents, qui ont connu l'exode depuis l'Inde lors de la scission du territoire, en 47, puis l'immigration en Angleterre, ancrés dans leurs valeurs, leurs traditions et leur communauté, il y a la grande soeur, tout aussi traditionnelle, dans une reproduction irréfléchie et absolue du modèle parental; Casim, qui souffre le déchirement du choix et leur petite soeur, militante de son identité individuelle, battante, la première génération a se sentir plus Anglaise que Pakistanaise, et par cette famille on comprend alors tout le cheminement psychologique des exilés.
On passe alors un très bon moment, entre des séquences de légèreté indissociables de la narration d'une romance et une vraie réflexion politique, sociale, comme Ken Loach sait si bien en mener.
15:16 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ken loach, pakistan, angleterre, social
