dimanche, 06 juillet 2008

Sunshine

Sunshine.jpgDepuis Trainspotting en 1996, Danny Boyle persiste dans sa carrière de cinéaste, avec une filmo qui tente de flirter avec tous les genres du cinéma, depuis la comédie sociale, avec Trainspotting donc, puis la comédie sentimentale avec A life less ordinary, avec 28 jours plus tard et le film d'horreur et enfin la science fiction pour Sunshine.

Dans cette variété de films et de genres, on retrouve les démarches d'un Kubrick ou d'un Coppola, mais avec moins de brio (forcément). D'autant plus avec ce dernier film qui ressemble trop à 2001, l'odyssée de l'espace: un ordinateur qui parle et qui veut prendre ses décisions, privilégiant la mission sur l'humain, avant d'être déconnecté, des plans de l'intérieur du vaisseau avec de longs couloirs…

Ce qui fait l'originalité du projet, c'est le traitement du "personnage soleil", le soleil qui meurt, ce qui motive cette seconde mission spatiale pour tenter, en y faisant exploser une bombe monumentale de faire renaître l'étoile par un petit big-bang. Le soleil, puisqu'il faiblit et plus les astronautes s'en approchent, devient un élément divin, un symbole de vie, dont l'absence prochaine va entraîner la disparition de toute vie humaine. La déification de l'astre atteint son apogée, avec l'apparition du "9° passager" (et bien sûr on pense alors à Alien), capitaine du vaisseau de la première mission qui suite à une révélation mystique se considère alors comme le messager de dieu/soleil qui doit accomplir sa volonté et l'homme devenu fou se donne pour mission de faire échouer la tentative de l'équipage de Icarus II.

Malheureusement, même si j'ai compris globalement ce qui s'était passé, le traitement de la fin du film est assez opaque, et on ne saisit pas bien ce qui s'y passe dans le détail…

Une chose pourtant donne au film une certaine qualité et une singularité qui a toute son importance, tant les références sont flagrantes, et c'est à nouveau grâce à la proximité solaire, qui permet une belle composition de la lumière du film, jaune, forte, flamboyante.

samedi, 05 juillet 2008

Chroniques des morts-vivants

Chronique des morts-vivants.jpgDe la part de celui qui a fait du film d'horreur, avec Tobe Hopper, un genre à part entière au cinéma, il est bien dommage de constater qu'il s'est laissé prendre au jeu de la modernité, en réalisant un film dans l'air du temps, par trop proche de ce que proposent habituellement ceux qui se réclament de son courant.

Romero, avec ce dernier film de son éternel série des morts-vivants, met ici en scène une bande d'adolescents assez inintéressants qui tentent de survivre à une épidémie générale qui a pour conséquence le retour des morts à une vie ralentie et stupide, avide de chaire humaine.

Les principes du genre sont bien là, et la créativité dans les techniques de destruction des zombies est assez amusante, mais le fond du scénario sous forme de discours politisant est très lourd, et même s'il est intéressant de parler de la diffusion médiatique d'un évènement de grande ampleur via le moyen moderne des blogs, le traitement manque vraiment de finesse.

Et puis l'idée du film dans le film (tout commence sur un tournage de film d'horreur, puis les ados continuent de tourner tout au long de la progression de l'épidémie pour mettre en ligne leurs images) donne encore un peu plus de lourdeur, tant ce concept est peu porteur. 

mercredi, 02 juillet 2008

Deux jours à tuer

Deux jours à tuer.jpgOn est tous marqués par le rôle de Dupontel dans Bernie, et c'est souvent pour cette raison que l'on regarde les nouveaux films dans lequel l'acteur français intervient.

Becker est un des ces cinéastes français, classique et actuel, qui fait partie intégrante du décor dans l'industrie hexagonale, qui n'a jamais fait de chef d'oeuvre, mais a le mérite de faire tout de même de bons films.

Antione Méliot est un homme comblé, avec un boulot créatif et enrichissant, une femme superbe et des gamins parfaits, qui décide un jour de tout plaquer, suite à la découverte de sa maîtresse par sa femme, il va alors retrouver son père, en Irlande (ce qui donne lieu à une seconde partie plus esthétique, plus lente, plus cinématographique), qui lui aussi, en son temps délaissa sa famille pour poursuivre en solitaire.

Dupontel a toujours un jeu de qualité, et le film reste agréable malgré quelques maladresses dans le scripte: l'explication des vrais raisons du départ est didactique à pleurer et les seconds rôles sont toujours aussi faibles dans le cinéma français!

La rupture du personnage principale est d'une rare violence, qui s'explique très mal dans la suite du scénario…

There will be blood

There will be blood.jpgAvec Magnolia en 2000, Paul Thomas Anderson avait déjà prouvé sa capacité à réaliser des films fleuves, fresques grandioses, d'une qualité proche d'un Kubrick ou d'un Coppola.

Avec There Will Be Blood, il récidive, toujours dans la même qualité filmique, en réalisant une fiction autour de son personnage, interprété par le génial Daniel Day-Lewis qui habite des décors de plaines arides, de derricks et de gisements de pétroles, dans une atmosphère crépusculaire d'une rare beauté.

Le cinéaste trouve d'autant plus sa place dans le panthéon de ses maîtres que son "héros" s'approche du Citizen Kane de Welles par son ambition et sa démesure, tout spécialement lors de la séquence finale dans un château digne de Xanadu!

Daniel Plainview (pseudonyme prémonitoire) s'acharne d'abord sur un gisement pétrolifère, avant de réussir, par son acharnement et sa détermination à monter peu à peu une vaste entreprise, devenir millionnaire par sa seule volonté.

Dans son parcours, il se fait seconder par les membres d'une famille fictive, qu'il crée et détruit selon ses besoins.

L'homme est alors une allégorie du capitalisme, il ne s'enrichie que contre le concurrent, il est d'un individualisme absolu.

Dans cette cinématographie complète et réussite, la qualité des images, de la lumière, du jeu et du montage, se joignent à une création musicale d'inspiration industrielle, qui colle à la perfection au thème du forage des puits de pétrole et c'est tout simplement le travail de Jonny Greenwood, guitariste de radiohead!

A noter aussi le rôle de Paul Dano, le prêcheur/prophète/évangéliste de l'église de la troisième révélation, qui donne alors le pendant religieu de ce reflet si juste de l'équilibre des pouvoirs à l'américaine, un personnage schizophrénique et hystérique qui va tenter une alliance avec l'entrepreneur absolu et s'y brûler les ailes.

mardi, 01 juillet 2008

We own the night

We own the night.jpgAprès les excellents Little Odessa et The Yards, James Gray récidive en nous proposant ce nouveau film dont l'action se situe à NY, autour d'une famille d'origine polonaise, qui a fait sa place dans la police locale.

La rupture vient du second fils, interprété par Joaquim Phoenix, et qui, lui, n'a pas intégré le plan de carrière familial, en intégrant une autre famille, la famille russe qui tient, dans la ville, le monde de la nuit.

Du jour ou les policiers décident de faire respecter la loi dans le milieu, Billy se trouve pris entre ses origines et ses choix individuels de vie, sa liberté et ses devoirs, et c'est alors la violence faite aux siens qui vont lui donner les armes du choix et de la vengeance contre le clan qu'il avait intégré.

A travers ce film, très ethnologique, on retrouve l'analyse classique de la société américaine composée de groupes d'origines différentes, juxtaposés et non pas mélangés, ici, on est russe ou polonais avant d'être américain.

Les séquences dans la boite de nuit dont Billy est le gérant donne l'occasion d'une multitude de tubes des années 80, de quoi rappeler que l'époque n'était pas que kitsch! 

vendredi, 27 juin 2008

Ensemble c'est tout

Ensemble c'est tout.jpgEnsemble c'est tout… c'est un peu le parti pris des producteurs de ce film (car il est clair que c'est avant tout un film de producteurs tant l'incapacité à donner avec des images une adaptation ne serait-ce qu'intéressante du très bon bouquin de Anna Gavalda est criante, d'ailleurs je cris: "aah!") qui se sont contentés de rassembler les deux plus gros tacherons bancable de la jeune génération française (qu'est ce que c'est jouissif de dauber): les inénarrables Guillaume Cannet et Audrey Tautou.

Il est alors intéressant de noter comme parfois l'image technique du cinéma n'a pas la capacité de satisfaire le spectateur, comme l'image mentale du roman peut le faire.

Le réalisateur, Claude Berri (car réalisateur il y a, et même pas mauvais, mais seulement de 83 à 86 quand il tourna Tchao Pantin, puis Jean de Florette et Manon des sources) a eu en fait l'adaptation assez malheureuse, puisqu'il a, à mon goût, occulté le meilleur de l'écriture du Gavalda en faisant le choix d'une narration linéaire, au présent, et donc en supprimant toute l'épaisseur des personnages, et même presque tout à fait les personnages qui n'ont alors plus ce passé si riche qui donne tout son sens à l'intrigue et à ce qu'ils font de leurs vies et pourquoi il ont ces rapports entre-eux pendant le temps du récit, c'est ce qu'on appel la diégèse, monsieur Berri!

mardi, 17 juin 2008

Hi Mom!

Hi Mom!.jpgQuand on se met devant un film de Brian de Palma avec Robert de Niro, on s'attend peut-être à tomber sur une oeuvre divertissante et sympathique, au mieux à avoir déniché un bijou dans les mémoires du cinéma, entre le virtuose de la caméra et le génie incontesté de l'Actor's Studio.

Mais non, en 1970, les deux hommes collaboraient sur ce projet étrange, violent et décalé, au montage sans rythme, alternant des séquences de 8 et de 35 mm sans pitié.

On peut peut-être y voir pour De Niro qui joue déjà un vétéran du Vietnam, une première ébauche de son rôle dans Taxi Driver, tellement son personnage tombe peu à peu dans la folie…

Il y a aussi dans le script, une volonté manifeste d'aborder les sujets polémiques, comme le voyeurisme et le racisme, mais ceci est fait de façon tellement maladroite et étrange…

Et la séquence "Be black baby"! Sorte de pièce de théâtre interactive ou le spectateur devient acteur, puis victime scandalisée, volé, battu, violé, comme un manifeste contre le racisme ordinaire, une démarche ahurissante pour mettre des blancs dans la peau des noirs…

Pour finir sur un attentat sordide et idiot…

vendredi, 13 juin 2008

Blood Simple

Blood Simple.jpgLe premier film des frères Coen, daté de 1985, avec déjà leur actrice fétiche, Frances Mc Dormand, une BO de musiques pré-existantes très bien choisies (Four Tops, Ottis Redding…), des personnages secondaires très biens écrits, avec une classe complètement rock'n roll, comme ici Meurice, le barman.

Le scénario et le traitement sont complètement calqués sur les processus de fabrication des films noirs classiques, mais comme c'est un film estampillé "Les frères Coen", il trouve sa modernité dans le niveau de violence bien plus important que chez les classiques.

D'ici à No coutnry for old men, on retrouve la même référence à la moralité, à la normalité, délaissée par des personnages qui deviennent ainsi sujets, c'est la rupture de leurs comportements qui implique la dramaturgie.

L'omniprésence des codes de films noirs font de "Sang pour Sang" un peu plus un sous-produit hitchcockien qu'un véritable film des frères Coen, comme ils ont pu en réaliser tant depuis, et je n'ai retrouvé le plaisir du spectateur que lors de la séquence finale, qui ramène (comme si souvent) les personnages à un niveau de bestialité brute qui leur permettra d'autant plus la survie qu'ils sauront devenir dominants. 

Un conte de Noël

Un conte de Noël.jpgAvec ce nouveau film, Arnaud Desplechin n'a pas transformé l'essai de Rois et Reine, film flamboyant, au ton singulier, qui m'avait beaucoup plût.

On retrouve Mathieu Amalric et Emmanuelle Devos, dans une tragi-comédie familiale, famille détruite par l'inconséquence d'un fils et rassemblée (déclencheur du scénario) par la maladie de la mère.

Comme Rois et Reine et comme Esther Kahn, c'est très littéraire, du cinéma philo, cérébral, surtout que l'intrigue portée par des personnages aux noms déjà très mythologiques (Junon, Abel…) poursuit sur ce terrain avec des rapports entre les membres de cette famille de lettrés dignes des écrits des anciens.

J'ai toujours un peu de mal avec Catherine Deneuve, comme Depardieu ou Belmondo, des acteurs qui ont étés formidables, ont été…

Par contre Amalric comme alter-égo du cinéaste est toujours très bien, j'ai un peu l'impression que c'est devenu ça d'ailleurs la filmo de Desplechin, pousser son auto-narration via un personnage de fiction…

 

jeudi, 05 juin 2008

L'Enfant

L'Enfant.jpgEt non, les deux frères belges n'ont pas eu une troisième palme d'or à Cannes, ce qui ne s'était de toute façon jamais vu, et puis Cantet est un bon, un très bon!

Un couple de jeunes marginaux, pauvres, quelque-part idéalistes, un peu nihilistes… ils ont un enfant, leur "équilibre" va s'en trouver chamboulé, Sonia cherchant à partir de ce moment à rendre leurs vies et leurs conditions de subsistance plus stables, Bruno s'enfonçant dans sa logique du "au jour le jour", foutant systématiquement en l'air toutes leurs possibilités d'aller vers un équilibre, vers un peu plus de sérénité.

Et les choses d'empirer, Bruno, vend l'enfant, via un réseau mafieux qui lui permet habituellement d'écouler ce qu'il vole, crise de nerf et évanouissements de Sonia, qui poussent Bruno à récupérer son fils, ce qui ne résout pas grand chose, les mafieux le raquettent pour le bénéfice perdu, sa solution est alors de faire un plus gros coup, aidé d'un gamin qui l'accompagne souvent dans ses forfaits, le gamin est pris, il se dénonce.

Cet engrenage désastreux permet l'existence d'une tension soutenue, un scénario prenant, sous forme de chronique sociale. 

Les frères Dardenne ont sur ce scénario l'intelligence d'une mise en scène qui ne juge pas, et le choix de comédiens talentueux (Jérémie Rénier et  Déborah François) qui portent l'intrigue avec brio ce qui est essentiel comme pour tout film qui fait le choix de parler de sentiments forts (que ce soit le rire ou les larmes).

De nombreuse scènes d'extérieur, pas de musique, ce qui rappelle des démarches comme celles de la Nouvelle Vague ou du Dogme… 

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