mardi, 13 octobre 2009
Unglorious Basterds
Comme de bien entendu, le 7° film (et je suis sûr que ce chiffrage va encore créer un débat, oh combien constructif...) était très très attendu, et les critiques de tout poils ont pu s'en donner à coeur joie et s'horrifier de la teneur discursive absolument scandaleuse de l'oeuvre.
Moi j'ai vu du Tarantino pur jus, avec des séquences de Western (la première), de très belles caméra (dans le cinéma, sur la fin), des personnages très bavards (tout le temps).
Finalement l'idée de filmer pendant 2H30 un commando juif déterminé à scalper du nazi mené par Brad Pitt et d'aller même jusqu'à tuer Hitler, Goebels et toute la clique des gros chanmés, même si ça présente très mal tant la Shoah est un terrain dangereux pour une fable (?), quand c'est fait par ce type là, ça passe à peu près, Tarantino use du pire épisode de l'histoire de l'humanité comme un décor et c'est accéptable, étonnant...
Par contre pour ce qui est des qualités filmiques, je suis révolté, j'espère que ce ventre mou n'est pas le début d'un lent déclin et que la théorie de Sick Boy ne se vérifiera pas! Ici, on ne joui ni de l'entierté de genre du boulevard de la mort, ni de la superbe interprétation à la Kill Bill, et la musique! Fini les bandes rock exhumés des 50's, elles ont étes outrageusement remplacées par des nappes au mètre meublantes à la Ikéa... dommage...
11:19 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : unglorious basterds, quentin tarantino, brad pitt, mélanie laurent, christoph waltz
Le livre de la jungle
Un bébé abandonné au coeur de la jungle, trouvé par une panthère qui le fait adopté par une famille de loups, jusque-là quelque-chose de très classique chez Disney, un conte pour enfants et à la fois une présentation du mythe de l'enfant sauvage.
Et puis l'enfant grandi et se trouve alors catapulté d'un animal à l'autre dans une jungle survoltée ou chacun est un chanteur de jazz hystérique, porteur de sa chanson, de l'hymne de son mode de vie qu'il veut inculquer au fils d'homme.
Le livre de la jungle est un trésor d'amoralité, peuplé de personnages jouisseurs et égoistes, une proposition incroyable pour un film sur l'apprentissage de la vie: malgré toutes les parenthèses clipesques, le but du jeu est que Mowgli réintègre son monde, le village des hommes, parce-qu'il est en danger du fait de Shere Khan mais c'est la logique biologique, la rencontre avec une jeune humaine qui va être le déclencheur de son départ.
10:46 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le livre de la jungle, wolfgang reitherman, phil harris, sebastian cabot, bruce reitherman, louis prima, george sanders, sterling holloway, j. pat o'malley, verna felton, clint howard, chad stuar, lord tim hudson
Cheech and Chong's Up in Smoke
Une comédie complètement délirante, 10 ans après le "Summer of love" où deux "bitniks" complètement fantasques s'embarquent dans une épopée à mi-chemin entre Las Vegas Parano et Le Corniaud.
Les pétards les plus gros que vous ayez jamais vu, une bande son de toute beauté, des gags en cascades, des flics dignes de Gérard Oury...
Un pur moment de bonheur et de fantaisie, un goût du burlesque et du cinéma très proche de ce que filmera plus tard le merveilleux Wes Anderson.
10:21 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cheech and chong's up in smoke, richard "cheech" marin, thomas chong, stacy keach, tom skerritt, edie adams, strother martin, cheryl "rainbeaux" smith, lou adler
samedi, 11 avril 2009
Visitor Q
Le film complètement barré et psychanalytique de l'homme qui a réalisé aussi plus tard Gozu.
Filmé en DV, très souvent en focalisation interne, le film traite de l'explosion d'une cellule familiale japonaise, prise de manière exponentielle dans le tourbillon de la décadence, de la violence et l'horreur, un peu comme une version nippone du Fuuny Games de Haneke, sorti 4 ans auparavant. Surtout que la vraie violence absurde, le fait divers, débute avec l'entrée du personnage externe, qui pénetre la famille, la filme, comme un reportage sur une dislocation, mis en scène et réalisé par le père.
La violence des images, des propos et des actions est le plus souvent insupportable, déviant du début à la fin, Visitor Q n'a alors de sens que si on le prend comme une tentative de filmage psychanalytique, un essai qui filme l'intérieur des âmes troublées, additions de pulsions de morts assumées qui deviennent les moyens pour les personnages de sortir de leur fatalisme individuel.
Peut-être aussi un projet qui vaut la peine d'être vu aujourd'hui, alors qu'on se pose tant de question sur le pourquoi du passage à l'acte des déments qui décident un jour de faire feu dans une crèche ou sur le voisinage depuis leur balcon… le désespoir individuel poussé à une extrémité qui motive la destruction sociale…?
11:08 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : visitor q, takashi miike, kenichi endo, shungika uchida, jun mutô
mardi, 10 mars 2009
Harvey Milk
Bien qu'il se donne, durant de trop courtes séquences, le plaisir de filmer des gens de dos, puis de face, en raccord, marchand dans un couloir ou dans la rue, on est bien loin du cinéma habituel de Gus Van Sant, qui traite ici à nouveau une histoire réelle, mais colle bien plus (bien trop?) à cette réalité et surtout aux manière habituelles de tourner les "True Story" et autres biographies…
Bien loin donc du plaisir de cinéphilie que pouvait inspirer Last Days, Elephant ou Paranoid Park, Harvey Milk est un film bien tiède.
Bien sûr Sean Penn est excellent, mais il l'est toujours, j'aurais aimé voir un film de Van Sant et pas un film avec Sean Penn, à quand le retour aux acteurs inconnus, castings qui ont faits la qualité des précédents films, en laissant toute la place à la caméra, virtuose, cubique, aérienne…?
On sait pourtant que le cinéaste est capable de films mineurs, formatés, tels Prête à tout… mais Harvey Milk n'est ni complètement dans ce registre, ni vraiment dans l'autre, tellement plus "art et essai".
Pour autant la filmo de Van Sant avait cette cohérence que ses scénarios enchaînaient toujours dans une continuité simple les évenements de l'histoire. Les sauts dans le temps, avec les années en inter-titres brisent cet enchaînement, empéchant toute souplesse de narration, un peu comme dans un Harry Flint… et puis le choix du temps du réel comme celui d'une confession de Milk, racontant son histoire, ce qui motive les retours en arrière systématiques évoquent Entretient avec un vampire…
J'attends le prochain Van Sant avec une impatiente d'autant plus forte!
16:46 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : harvey milk, gus van sant, sean penn, josh brolin, emile hirsch
lundi, 09 mars 2009
Slumdog millionaire
Décidement étonnant Danny Boyle, qui continue à tourner avec succès des films dans des registres si différents, capable de proposer un jeu de huis clos bien scénarisé (Petit meurtre entre amis), un film identificatoire sur la classe moyenne écossaise (Trainspotting), une fable sous forme de comédie musicale (A life less ordinary), un film de zombies (28 jours plus tard) et un hommage réussi à 2001 (Sunshine).
En oubliant cinq minutes la pluie de récompenses que le film a reçu à la dernière cérémonie des oscars, prix auquels je suis bien peu attaché, vu les navets récompensés dans le passé (Shakespeare in love, Romeo + Juliette…), on peut s'attarder sur les véritables qualités de Slumdog Millionaire: bien sûr Boyle n'en étant pas à son coup d'essai, il manie désormais la caméra, la lumière et le montage avec brio, mais il est aussi capable de donner une dimension bien supérieur à son film en lui donnant une profondeur considérable par bien des aspects.
Il faut bien se rappeler que jusqu'en 1947, l'Inde était une partie de l'empire britannique, ce qui donne un intéret bien spécifique à la réalisation par un britannique d'un film en Inde. A plusieurs reprises, il est fait référence à la pratique du jeu de criquet, activité installée ici par les collons. Le héros issu d'un bidonville, voit peu à peu son environnement changer au profit d'un modèle typiquement anglo-saxon, le néo-libéralisme "à la Tatcher". Boyle use de l'environnement indien dans sa réalisation avec pudeur, traitant avec une vérité documentaire de la réalité de la vie à Bombay, de la pauvreté des populations et des antagonismes entre confessions, n'usant des clichés bolywoodiens que pour le générique de fin, le temps d'une chorégraphie hors-scénario.
Arrivé miraculeusement sur le plateau de "Qui veut gagner des millions?", Jamal a la chance inouïe de connaître les réponses à toutes les questions posées jusquà gagner la somme maximum: 20 millions de roupies, ce qui le propulse du jour au lendemain à un niveau de richesses et de célébrité atteignable par les gens de son origine, seulement par la voie de la délinquance, modèle choisie par son frère.
Incrédules quand à la capacité de cet être misérable à posséder un tel niveau de connaissance, le présentateur/producteur du jeu va le faire arrêter, ce qui donne lieu au mode de narration du film qui va continuellement faire des allers-retour entre le bureau du commissaire qui intéroge Jamal et des flash-back qui amènent progressivement le jeune homme à réconter l'histoire de sa vie.
On se trouve alors un peu devant une version moderne des contes des mille et une nuits, puisque Jamal, d'abord torturé par les policiers en charge de son intérogatoire doit faire preuve d'une imagination suffisante pour faire croire à sa capacité de connaître effectivement toutes les réponses, sous peine de retourner aux éléctro-chocs.
Et puis si l'histoire est belle et prenante, il est quand même tout à fait incroyable que non seulement il connaisse ces réponses malgré son ignorance absolue du reste des connaissances humaines, mais qu'en plus les clefs de ces réponses se trouvent dans sa biographie, dans le même ordre chronologique et chaque fois marquées par un évenement fort et traumatisant.
Ne serai-ce plutôt Jamal qui use de son pathos personnel pour faire des liens fictifs entre son vécu et les réponses au jeu, afin d'endormir son geôlier par de belles histoires et rendre plausible son honnête victoire?
En y repensant, je me dis que ce qui m'a touché aussi dans ce film, et comme je suis relativement un grand fan de son réalisateur, c'est les similitudes avec Le Temps des Gitans: parce que toutes les séquences autour de Jamal et de son frère, quand ils sont petits, se mettent à travailler pour un type fort riche, sorti de leur misère, comme un modèle de réussite, mais qui se révèle finalement être un exploiteur d'enfants, qui font alors la manche pour son compte, ça rappelle grandement une partie du scénario du film de Kusturica!
15:19 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : slumdog millionaire, danny boyle, dev patel, mia drake, freida pinto
jeudi, 26 février 2009
Mon idole
Pourquoi le film de Guillaume Canet est-il un échec?
En réalité son 4° film (si quelqu'un a vu ou même vaguement entendu parlé des trois premiers qu'il se manifeste!), Mon idole est sans conteste une bouse.
Parce que lorsqu'on se donne pour mission de critiquer le monde de la télévision et ceux qui décident des programmes, en mal d'audimat, on peut se permettre un peu plus d'imagination pour mettre en scène du cinéma.
Parce que la créativité sur un tournage ce n'est pas de chercher des axes de caméra originaux pour le plaisir , mais qu'on doit aussi se donner la peine de rechercher le sens dans ces partis pris techniques.
Et puis pour moi, Guillaume Canet acteur, ça n'a jamais été la panacée, alors de le voir interpréter un rôle qu'il a lui même écrit n'arrange rien…
Fort heureusement, Ne le dis à personne, son dernier long (2006) est beaucoup plus réussi.
Ce qui est peut-être le plus agaçant dans la longue liste des défauts de Mon idole, c'est la façon systémique qu'a le scénario de raisonner à coup de clichés, parce que finalement qu'est ce que le pitch de ce navet sinon: Un gentil assistant qui veut gentiment faire carrière dans la TV se trouve pris dans les griffes d'un ignoble producteur qui va user de sa crédibilité pour en faire son esclave? C'est gros quand même…
Mais encore une fois, tout se recoupe, et on ne pouvait pas attendre grand chose de l'acteur de Les liens du sang, Ensemble, c'est tout, Jeux d'enfants, Vidocq, Les morsures de l'aube, La plage…
Petit bonus, la musique composée par Sinclair, qui nivelle le tout sur une tendance post-funky, quelques soient les tentatives du script de varier les émotions de ce projet qui se veut une comédie dramatique.
Et puis, quand on se permet de critiquer la violence des images TV, on évite de coller des séquences de meurtre (complètement copié sur celle de Lost Highway d'ailleurs) dans son film, à moins qu'il s'agisse d'une critique sous-jacente doublée d'une mise en abîme?
18:00 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mon idole, guillaume canet, françois berléand, diane kruger
lundi, 23 février 2009
King Kong
Il est toujours bien dommage de voir des projets avec un si beau casting (bien que je voue un haine toute particulière à l'ignoble Jack Black (remember l'amour XXL)), tant devant que derrière la caméra se solder par une bouse.
Quoique Peter Jackson est certainement un bon du fait de Brain Dead, mais pas forcément pour Le Seigneur des anneaux.
Une habitude hollywoodienne, que de coller des pros du film de genre sur des super-production, cf Sam Raimi qui, lui, venait de Evil Dead avant d'être nommé à la tête des Spider-Man, il est vrai avec beaucoup plus de réussite.
Une équipe part sur un rafio pour une île mystérieuse abritant une civilisation et une faune primitive afin d'y tourner des images propres à révolutioner le film animalier.
Il est intéressant que Jackson ai respecté la datation originale du projet, contrairement à ce qu'ont fait plus récement les malheureux repreneurs de la Guerre des Mondes, et puis, comme c'est son métier, il nous offre de belles séquences avec des gros monstres, à coup de combats et de courses époustouflants, mais son mérite s'arrête là, et le film aurait peut-être dû s'y arréter aussi parce que cette belle pièce est comme encerclée par deux autres heures de film, sous forme de romance débile. Une première, au début, qui aurait pu donner une épaisseur en se lançant sans concrétisation aucune sur la piste de la réflexion du cinéaste et son oeuvre, du réalisateur et son film, et la seconde, la fin, qui n'a pour but que de filmer un gorille de 9 mètres dans le NY de 1930.
14:48 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : king kong, peter jackson, naomi watts, jack black, adrien brody
mercredi, 18 février 2009
Au service secret de Sa Majesté
Un James Bond comme il y en eu tant d'autres, mais certainement comme on n'en fait plus, surtout depuis que l'agent secret le plus célèbre du monde est interprété à l'écran par Pierce Brosnan puis Daniel Craig et d'autant plus que c'est la seule fois que George Lazenby interprétera le rôle.
Un film de 1969, qui s'affranchit des multiples gadgets habituellement confiés par Q à l'anglais, mais redouble en échange d'inventivité sur les possibilités dans le thème de la course-poursuite: à pied, en voiture, à ski, en bobsleigh… et puis qui met bien fort l'accent sur le charisme de Bond auprès des dames, qui conquiert bien sûr une ravissante et vénéneuse lady, qu'il épousera, rend fou l'éternelle Miss Moneypenny, et affole aussi toute une bande de jeunes filles qui se le partagent successivement lors de nuits torrides.
Autre originalité: James Bond démissionne dans cet épisode, mais c'est alors pour mieux prendre le temps de continuer la mission qui lui avait été retirée et de donner à M toutes les raisons de le laisser poursuivre.
21:32 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : au service secret de sa majesté, peter hunt, george lazenby, diana rigg, telly savalas
lundi, 16 février 2009
L'étrange histoire de Benjamin Button
D'abord un horloger aveugle qui perd son fils à la guerre et décide alors de faire jouer son chef d'oeuvre à l'envers, comme un espoir absurde de faire revenir son enfant en inversant le cours du temps.
Puis cet espoir qui devient cauchemar dans une autre famille, où l'enfant nouveau-né est un vieillard qui fera sa vie à l'inverse, en orphelin d'une mère qui meurt à sa naissance et d'un père qui l'abandonne.
Fincher est pourtant un bon réalisateur qui arrivait le plus souvent à filmer de bons projets, efficaces et distrayants, tels Seven, Panic Room…, toujours ces sortes de huis clos angoissants… ici il s'essaie à la romance, laissant bien vite de côté les possibilités offertes par son "éléphant man" après de longues séquences qui lui permettent de mettre en avant les talents de son équipe de maquilleur, pour raconter l'amour mutuel d'une vie entre deux êtres.
Et comme on parle d'une intense histoire d'amour et qu'on se refuse définitivement pour un projet à avoir une seule idée originale, racontons cette belle mièvrerie "à la Titanic". Mais là où le projet de James Cameron avait l'intérêt de nous faire suivre les fouilles archéologiques liées à un événement historique, les carnets de Benjamin Button n'apportent rien à la narration.
11:56 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : l'étrange histoire de benjamin button, david fincher, brad pitt, cate blanchett, julia ormond