jeudi, 18 décembre 2008

Notre cerisaie

Notre cerisaie.gifOn avait déjà été ravis par la mise en scène de leur Médée, vu à l'Astrée en 2007, la compagnie des trois huit récidive avec une interprétation enthousiasmante de Notre Cerisaie (Tchekhov).

Déjà avec Médée on était entré dans un univers habité et créatif où la musique, la vidéo et le jeu entraient en communion pour raconter avec brio une histoire au classicisme et à la violence légendaires, mélant les textes des nombreux auteurs ayant abordé l'oeuvre, avec Notre Cerisaie, on retrouve en partie cette démarche, avec, ici, le montage de texte aussi, mais sur la base des traductions multiples d'un auteur unique et l'ajout de quelques références cinématographiques, littéraires et politiques, illustrant l'idée d'un attachement à une certaine forme de culture.

Un spectacle de trois heures, c'est limite interdit aujourd'hui, tant la perspective a des chances de refroidir la quasi-totalité des spectateurs potentiels, mais quand cette durée est justifiée par une qualité artistique indubitable et le parti pris d'une participation relative mais concernante du publique, le théatre ne désemplie pas pendant les deux semaines de programmation de la pièce autant à sa création l'année dernière que pour la reprise qui se termine tout juste ces jours-ci.

Le spectacle joue alors sur deux axes essentiels: une mise en scène évolutive centrée sur une boite à son et à lumière d'une taille considérable, qui va ensuite devenir, au fil du spectacle, balcon, puis table. Et puis l'idée de faire déménager en cours de route les spectateurs de la rassurante position des gradins vers le péril de la présence scénique, à l'occasion d'un dîner, parti de la pièce, qui continue alors à se jouer dans le public!

Et puis la musique qui accompagne cette mise en image, un peu illustrative à certains moments, très importante pour le principe de "la boite à son", elle prend parfois le contrôle du déroullé et donne sa pleine mesure lors d'une valse rétro-moderne inspirée.

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