jeudi, 21 février 2008
Sweeney Todd
On sent dans ce film une joie extatique de la part de Tim Burton à la sortie de son engagement avec la Fox qui l'avait fait tourner La planète des singes, Corpse bride et Big Fish.
Le cinéaste américain pousse alors son goût du gothique et du sanglant plutôt que de développer encore une fois ses thèmes de prédilection.
C'est une comédie musicale sanglante, un style assez nouveau pour être remarquable, Johnny Depp et Helena Bonham Carter y font des merveilles.
Burton reste fidèle à son acteur fétiche depuis qu'il l'a débauché de 21 Jump street et c'est un vrai bonheur.
De Jump street à Fleet Street…
Il est étonnant de retrouver Depp (pour la première fois?) non plus dans le rôle du jeune, mais de l'aîné, un homme qui a un passé, qui vient se venger à Londres, après des années de bagne, de ceux qui lui ont volé sa vie, et le barbier virtuose devient tueur, ses outils changent de rôle et rasent les gorges de trop près, mais alors que faire des corps? Et c'est là qu'intervient miss Lovett, faiseuse de tourtes qui peut ainsi recycler les corps dans sa cuisine.
Film vraiment horrifique, des rivières de sang, du générique de début au massacre shakespearien final…
19:27 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : tim burton, johnny depp
mercredi, 20 février 2008
Raging Bull
Le taureau du Bronx! Jack la Motta!! Un film de boxe, Le film de boxe, collaboration essentielle du binôme Scorcese/De Niro, un film à la limite de la perfection, en terme de mise en scène comme de jeu d'acteur, avec déjà tous les enjeux de Casino.
Quand on voit ce que ces deux là ont pu faire dans les années 70 et 80, on est quand même bien déçu les prestations actuelles de Di Caprio…
De Niro est donc déjà doublé par Joe Pesci (qui n'était pas encore devenu le débile de Maman j'ai raté l'avion ou de L'arme fatale 4) et ce sont des mecs, des gros des durs, des abrutis.
Joey au départ peu encore laisser un peu d'espoir quant à ses facultés mentales, mais il est bientôt complètement dominé par les codes de son grand frère et devient alors le même débile violent et misogyne.
C'est ça le tour de force, de faire un film incroyable avec des personnages complètement antipathiques… un peu comme chez Ferrara pour Bad Lieutenant ou The Funeral…
Et Jack la Motta a travaillé sur le film comme consultant, ça doit pas être évident de voir sa vie dérouler en une heure trente quand on est pas mort et qu'elle est grotesque.
Mais il y a aussi la boxe bien sûr, et là la caméra s'envolle, pas au sens littéral comme chez De Palma, mais presque, les plans sont superbes, la technique parfaite.
Et l'identification à un héros marche aussi parce que La Motta comme boxeur est invincible, comme Alex dans Orange Mécanique, c'est un débile violent, mais on le kiffe!
"I'm the boss… I'm the boss… I'm the boss…"
"Did you fuck my wife?"
"Open the door… get away!!!"
22:55 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : scorcese, de niro, jack la motta
mardi, 12 février 2008
Juno
Un film formidable, frais et différent, à voir!!
Intrigué par l'affiche autant que par l'existence d'un article dans le monde sur ce film, je suis allé, un peu à l'aveugle, le voir, et mon intuition s'est confirmée dès le générique de début, puisque John Malkovich est à la production (comme pour Ghost World et Dancer Upstairs).
Et puis ce n'est pas que l'histoire d'une ado qui tombe enceinte par accident, c'est une confrontation entre deux univers. Le premier, le monde de Juno, classe moyenne, et le second, celui des parents adoptifs, aisé, propre, aux valeurs sûres.
Le bébé ne pouvant certainement pas naître et grandir dans le premier décor, puisque Juno est une lycéenne de 17 ans qui ne veut pas du bébé, mais que l'avortement répugne, il devra passer dans le second, juste après l'accouchement, chez ce couple formidable et fortuné.
Malgré la situation particulière qu'elle vit et les difficulté évidente qu'elle rencontre en étant enceinte et scolarisée, Juno est admirablement épaulée par ses parents et sa meilleur amie qui prennent les choses comme elles viennent, ne la juge pas et font tout pour aider cette fille formidable et entière, qui parce qu'elle ne se protège pas dans ses rapports sociaux (ainsi que lors de son premier et unique rapport sexuel) a bien besoin d'eux.
Les goûts musicaux de Juno rejoignent ceux de Mark, le futur père adoptif, ce qui donne lieu à une BO formidable, mais alors qu'elle peut assumer ses choix de vie et ses goûts, Mark doit reléguer sa vie dans des cartons pour laisser la place au style bourgeois de sa femme Vanessa.
Au fil des saisons qui rythment le film et l'avancée de la grossesse, la situation de départ, de l'ado tombée enceinte par accident, laisse peu à peu la place à une nouvelle donne ou Juno devient la seule référence mature et stable et ses choix s'imposent alors comme étant les plus sains pour tous.
11:22 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : grossesse, cinéma indépendant
mardi, 05 février 2008
Promets-moi
Le dernier Kusturica, sorti mercredi dernier et que j'ai vu aujourd'hui, avec un peu de déception quand même.
Dans Promets-moi, il y a du Temps des gitans et de La vie est un miracle, mais en moins bien, en version bis, on connaît déjà les personnages et leurs caractères, le film n'apporte pas grand chose à la filmo du serbe.
C'est une sorte de reprise du thème du ras des villes et du ras des champs, dans les préalables nuptiaux de deux couples, de deux générations, un grand père et son petit fils qui ont toujours vécu seuls, dans leur village, loin de tout, troublé par les arrivées intempestives et toujours en musique de visiteurs forcément gênants dans ce havre de paix (peut-être un peu comme à Küstendorf?).
Oui l'actrice est très jolie et pleine de talent, mais les méchants zoophiles, les gros flingues et les orchestres qui jouent même sous les bombes, on a déjà vu…
Dommage que Kusturica ne cherche pas un peu ailleurs son inspiration…
Apparemment il laisse un peu les reines à son fils Stribor, qui compose et joue la musique et interprète un rôle important, mais on reste dans le confort de l'identité kalachnikof, pitbull terrier et ringe ringe raya…
Mais sinon c'est bien quand même, je peux pas prétendre m'être ennuyé, et puis les inventions/pièges du papy sont assez drôle, film à voir quand même, mais en DVD?
18:46 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kusturica, balkans
Novecento: pianiste
Une autre nouvelle de Alessandro Barrico, après Soie.
L'histoire d'un pianiste qui vit sa vie entière sur un paquebot ou il joue lors des longs mois de croisières, et qui a décidé de ne pas descendre aux escales.
Une nouvelle fois Barrico montre un style unique, atypique et passionnant, qui fait d'histoires anodines, des livres formidables.
Un auteur donc qui ne m'a encore jamais déçu, et que j'ai été particulièrement heureux de retrouver lors de la sortie de son dernier roman, Cette histoire là, en 2007, même si les nouvelles que j'avais lus étaient très bonnes, c'est toujours un peu frustrant qu'un bon livre soit si court!
Cette nouvelle est jouée au théâtre de l'Étoile Royale, à Lyon, ces jours-ci, j'ai hâte de voir ce que peut donner ce texte sur les planches!
18:31 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : baricco, piano, monologue
Arizona Dream
LE film américain d'Émir Kusturica, le seul, toujours serbe avant, et toujours serbe après, mais quel film! Le cinéaste met son imagerie baroque et sa science de l'absurde au service de ce projet à la distribution rêvée, tant sur l'écran: Johnny Depp, Jerry Lewis, Fay Dunaway, Lili Taymor et Vincent Gallo, qu'à la musique, bande originale composée à quatre mains par Goran Bregovic et Iggy Pop (qui, pour la petite histoire, se fâchèrent pour les droits pendant les années 90, ce qui fit monter la valeur de l'exemplaire de la BO à 600F).
Tout juste après les merveilleux Temps des gitans et Papa est en voyage d'affaires, Kusturica découvrait donc l'Amérique, tout comme son héros, Alex (interprété par Johnny Depp), sorte de pionnier qui rêve en comptant ses poissons en se remémorant les paroles de sa mère qui lui disait chaque matin à son réveil: "Good morning Colombus".
Comme nos rêves sont empreints de réels, les poissons de New York suivent alors Alex (en volant!) quand son cousin vient le chercher, en le saoulant pour le ramener vers leur oncle qui prépare ses noces et veut léguer aux jeunes son rêve américain, son magasin de cadillacs.
Tiré de son rêve citadin, Alex s'en construit un autre, dément, baroque, avec deux femmes, qui vont lui prendre son coeur et sa raison, dans cette maison ou il devient inventeur, gigolo, poulle…
17:42 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kusturica, johnny depp, bregovic
lundi, 04 février 2008
All That Jazz
Un film de Bob Fosse, un classique.
Il s'agit d'un metteur en scène, complètement pris par son travail, ses créations, qui est son travail. Il est malade, son corps ne suit plus sa tête, il bouillonne, son corps n'en peut plus.
Comme les drogués de Requiem for a Dream, il répète tous les matins le même rituel, et donc, même séquence à l'écran.
Le créateur est fascinant, le film est très bon, l'homme est entouré de femmes, qui l'assistent, qu'elles soient ses maîtresses, ses comédiennes ou sa fille, elles vivent de et par lui, comme un dieu dans son univers propre, entouré de ses créations, jusqu'à ce qu'elles s'émancipent dans cette séquence superbe ou sa compagne et sa fille mettent en scène pour lui un numéro en son honneur, dans leur appartement, qui ne peut aussi qu'être lieu de création.
Mais le créateur est mortel, il est malade, à l'hopital, mais il ne peut accepter la règle du faillible, comme pour ses oeuvres, il veut la perfection de la représentation pour lui, et il retourne sur scène pour diriger encore et encore, jusqu'à son dernier souffle.
15:19 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : metteur en scène, cinéma américain, bob fosse
vendredi, 01 février 2008
Les 9 reines
Un petit film argentin d'une bonne facture ou l'on suit pendant deux heures Marcos et Juan, deux petits arnaqueurs qui s'associent le temps d'une journée pour augmenter leurs bénéfices respectifs.
Les deux compères ont bientôt l'occasion de réaliser le coup de leur vie, obligés de travailler ensembles, s'étant rendu tous les deux indispensables au projet.
Mais en plus des difficultés qu'ils auront à réussir une arnaque à près d'un demi-million de dollars, ils vont en parallèle devoir se méfier l'un de l'autre, parce qu'ils ne s'épargneront pas.
Fabian Bielinski réussi alors un film simple au scénario efficace, et au budget minime avec un fond de critique sur la société argentine et sa corruption.
16:17 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arnaque, argentin
Le complot contre l'amérique
Un autre roman de Philip Roth, de 2004, une fable politique ou il imagine ce qu'il serait advenu si Lindberg avait gagné les élections présidentielles américaines de 1941. Sachant que Lindberg avait des sympathies avec le régime nazi…
Mais ce postulat de départ n'est finalement pas creusé bien plus loin et c'est finalement une nouvelle excuse pour Roth qui met à nouveau en scène "sa" famille juive américaine, par laquelle on va suivre les évènements qui découlent de cette catastrophe.
Du coup on entre pas non plus dans le Panthéon des livres de ce genre, tels 1984 ou Fahrenheit 451…
15:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roth, juif
Pastorale américaine
Où Phillip Roth passe au vitriol le rêve américain: dans un coquette famille de Newark, le drame d'un père qui voit advenir l'alcoolisme de son ex-miss New Jersey d'épouse et la dérive extrémiste, fondamentaliste de sa fille.
Un très beau livre, un roman agréable, salué par la critique et sûrement le plus digeste des Roth qui s'adonne parfois à des écritures plus complexes, en rapport étroit avec sa judaïcité.
15:28 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roth, juif