lundi, 28 janvier 2008

De battre mon coeur s'est arrêté

5cd991c3eb9116bd3dbd9bd3f50f6d43.jpgEt en quatre films Jacques Audiard nous "prouve" qu'il est un grand metteur en scène (surtout avec Sur mes lèvres en fait).

Mais c'est peut être aussi Romain Duris qui fait qu'un film est bon, après avoir largement porté la filmo de Tony Gatlif, de Cédric Klapisch et d'Olivier Dahan, l'acteur nous impressionne une fois encore par son talent.

Comme une sorte de Don Juan ultime, son personnage fait littéralement tomber les filles qu'il croise

Il est viril, dur, ce qui lui permet d'exceller dans son métier, relativement immonde, qui consiste à faire déguerpir des locataires gênants en leur montrant, par tous les moyens, les désagréments (provoqués) de leurs logements.

Sa relation assez tordue et malsaine avec son père, qui est aussi son mentor ne lui donnant pas des possibilités suffisantes pour s'épanouir et s'émanciper, il finit par se racheter grâce au piano, décidément symbole d'une réussite saine (déjà chez Nancy Huston, Frank Conroy…) et devient alors monogame (ah! ah!).

Narcisse et Goldmund

b139161cf6edd8a3d3322f72c44eb49d.jpgAprès pas mal de notes sur de la littérature contemporaine, faisons un détour sur quelque-chose de plus ancien, du début du siècle dernier, du côté de l'existentialisme allemand, avec ce très bel ouvrage de Hermann Hesse, un auteur que j'adore (Le loup de Steppes…).

Dans ce roman (la destiné des personnages est philosophique, pas le traitement), on suit la trajectoire de deux amis qui, après avoir grandis ensembles, se trouvent à l'opposé dans leurs choix de vie adulte, l'un persistant dans la vie monacale, l'autre prenant la route, pour se trouver, découvrir ce qu'il est, vivre au grand jour des aventures.

S'oppose alors le prévu et l'imprévu, on suit principalement le voyageur qui côtoie des paysannes, la peste… qui se réalise finalement comme artiste auprès d'un maître, retourne au monastère pour y réaliser l'oeuvre (sculpture) de sa vie, puis part à nouveau sur les routes, tel Don Quichotte.

Les aventures et les rencontres de Goldmund sont tout à fait passionnantes, et on ne s'ennuie jamais dans ce livre, les petits passages métaphysiques (pas du tout inintéressants et qui peuvent nous amener à de bonnes introspections) laissent très vite place à la dramaturgie.

jeudi, 24 janvier 2008

No country for old men

2594fc9231056b8e1facb7a3aedd948d.jpgATTENTION c'est très violent, et en fait assez différent de ce qu'ont fait les frères Coen jusque là, il y a du renouvelement dans l'univers des deux frangins, et c'est pas mal… mais c'est peut-être encore un peu tôt dans ce nouveau virage et le film est assez décevant (bien sûr je n'engage que moi, mais ça va de soit… non?).

L'histoire commence quand un homme qui chasse dans le désert, et part à la poursuite d'un animal qu'il a touché, se trouve face à d'autres gibiers imprévus, des hommes qui se sont fusillés "à la O.K. Corral". Car ici les hommes sont traqués et traqueurs, retour complet à la bestialité et à la logique primaire de survie.

C'est aussi une question de domination, physique, mais qui implique aussi un univers psychologique, chaque homme/animal a ses codes, et sa capacité de domination physique va lui permettre de montrer la suppériorité de ses codes; l'argent, l'intrépidité, la folie et la tradition pour les quatre hommes qui portent ce film.

Javier Bardem, est saisissant de cruauté et de violence, vraiment impressionant, surtout pour un type qui a dans le passé joué des rôles d'homo et de tétraplégique (Mar Adentro).

On est content aussi de retrouver Tommy Lee Jones (bien meilleur que dans son western, trois enterrements) et Woody Arrelson .

Le rythme du film est un peu étrange puisqu'on est embarqué pendant une bonne période centrale dans un suspens très prenant, le tout entouré de deux séquences calmes, Tommy Lee Jones moralisant, regretant le bon vieux temps…

mercredi, 23 janvier 2008

Soie

6afa1591d87bafc79d052c153bdc2190.jpgUn très bon livre, et très court de Alessandro Baricco qui laisse la part belle au processus de narration, très inventif, mettant de côté la dramaturgie très mince, souvent répétée (cf le trajet de la France au Japon toujours sous la même forme avec les mêmes phrases).

Baricco est un expérimentateur de la forme littéraire, comme dans Cette histoire là, il cherche des manières de dire originales et c'est ce qui fait le plaisir de cette lecture pas commune.

Pour nous autre lyonnais, il est amusant en plus de se replonger dans cette histoire qui parle de la découverte de la route de la soie, ce qui rendit notre ville si fameuse! 

Marie-Antoinette

7f86de64a79e45c4eeab276e890ca1a7.jpgLa dernière réalisation de Sofia Coppola, qui a su en cinq films prouver très largement qu'elle n'était pas que la fille se son père, mais bien une artiste dans le sens noble du terme.

Après les précédentes réalisations qui étaient franchement plus scénarisées, elle se permet en 2006 ce film habité, intelligent et aérien où la scénarisation laisse la part belle à la recherche cinématographique, en montant des images aux lumières somptueuses, éclairée aussi par la très bonne Kirsten Dunst.

Comme chez Van Sant quand il ne cède pas aux facilité des productions américaines, le cinéma de Copolla (la fille) devient extrême, une véritable oeuvre d'art où l'on se permet même de la musique pop pour accompagner ces images étonnante: le pari paraît un peu risqué, mais le rôle de la musique au cinéma est-t-il seulement celui de répéter le message des images?

Vu le parti pris de la réalisatrice, on apprend pas grand chose de plus sur la vie de l'autrichienne, mais c'est bien du cinéma de fiction et pas du tout du documentaire; on a peut-être un peu dépassé ce délire autour de "une histoire vraie qui est arrivée à des vrais gens dans la réalité, ce qui fait un bon film", pour aller vers une sorte de maturité du septième art où il fabrique et utilise ses propres codes, intraduisibles en littérature, en peinture, en théâtre… 

mardi, 22 janvier 2008

Y tu mama tambien

8a4f308cd19cac1bfee258caf0d5f131.jpgLoin des réalisations formatées américaines du genre, Alfonso Cuarón nous propose avec Y tu mama tambien un Teen Movie original, bien loin des Road Trip, American Pie et autres Eh mec elle est où ma caisse?

Comme le très bon Inárritu, l'autre cinéaste mexicain choisi avec raison Gael Garcia Bernal (The king, Carnets de voyage, La science des rêves…) pour interpréter son premier rôle.

C'est donc une histoire d'ados, de deux ados de 17 ans, complètement incontrôlables, et incontrôlés, qui vivent à toute vitesse.

Les deux garçons sont constamment en rivalité, comportement qui va être amplifié par l'ajout du personnages féminin, une espagnole de 28 ans qui décide de les suivre suite à des problèmes familiaux, vers une plage mystérieuse, peut-être inexistante… 

Et le film devient alors Road Movie, et là encore Cuarón n'est pas décevant, l'intrigue, comme les personnages, est bonne jusqu'à la fin.

lundi, 21 janvier 2008

Cris

c7683139af7f8a5ed43ccf506077f59a.jpgEn 2001, Laurent Gaudé donnait sa lecture de la guerre des tranchées, en écrivant cette oeuvre polyphonique, forte et habitée.

A la lecture de ce texte très théâtral, on suit plusieurs "poilus" (seulement un survivant aujourd'hui en France! - et qui s'appelle Lazare en plus…) dans et autour de leurs tranchées.

Du fait de l'écriture mental du livre, on pénètre franchement dans les pensées et donc le traumatisme de ces hommes, enterrés vivants, devenus fous dans cette situation inhumaine et qui ne parviennent même plus à retourner à la normalité lorsqu'ils ont la grâce d'une permission.

Les hommes venus de toute la France se fédèrent, non pas autour d'un idéal patriotique, mais bien autour de leurs relations privées, d'hommes qui se soutiennent et s'entraident dans leur survie quotidienne.

Mar Adentro

bc8c4d7d08208aa51a1efe3c073c2c6f.jpgLe dernier film de Alejandro Amenabar qui avait déjà tourné Tesis, Ouvre les yeux (repris malheureusement par l'ignoble Tom Cruise sous le titre Vanilla Sky) et Les autres.

Un film d'une grande maturité pour un cinéaste encore assez jeune qui se place définitivement comme le leader de la nouvelle génération du cinéma espagnol, après Carlos Saura et Pedro Almodovar.

C'est la véritable histoire de Ramon Sanpedro, qui, devenu paralysé à la suite d'un accident se bat pour son droit à l'euthanasie.

Le rôle interprété par Javier Bardem est hyper crédible et d'une belle composition, on s'attache tout de suite à cet individu à la personnalité forte, "bouffeur de curés" et de morale traditionnelle dans ce pays hautement ecclésiastique.

Ramon Sampedro devient même auteur, à la force de sa volonté, il est aussi et surtout un homme de coeur qui s'attache les personnes qui le rencontre et les associe à son geste de mort, de délivrance en prenant toutes les précautions pour endosser toute culpabilité légale et morale dans sa démarche.

dimanche, 20 janvier 2008

Les grandes gueules

6472bed031802018a328310f2c2832aa.jpgUn autre film de Robert Enrico, qui tourna aussi Le vieux fusil et Les aventuriers.

Toujours des histoires d'hommes, intègrent, placés faces à des situations particulières qui révéleront leur caractère.

On suit ici  Bourvil (c'est un peu son Tchao Pantin) et Lino Ventura (un gros dûr qui tape fort mais sait plaîre aux femmes, comme souvent).

C'est un film qui parle de réinsertion: le personnage de Bourvil (qui fait pas rire du tout) revient du Québec, pour reprendre l'exploitation forestière de son père dans les Vosges, malmené par un concurrent plus puissant et franchement déloyal, il trouve bientôt le soutient qui lui manquait dans le personnage de Ventura qui va lui amener des détenus en conditionnel comme main d'oeuvre.

Dans ce coin perdu, une sorte de huis clos s'installe entre ces hommes aux caractères durs, ponctué par la présence de quelques femmes qui ne parviendront pas à les tirer de cette atmosphère virile qui les excluent.

Bourvil est simplement génial et d'une violence physique et de caractère vraiment impressionnante.

Le récit est prenant et on passe 124 minutes pas du tout ennuyeuses.

La musique accentue le côté western, bien que composée par François de Roubaix, elle fait fortement penser à du Ennio Morricone. 

samedi, 19 janvier 2008

La Candela Viva

0975eaa20812b215039f6acb52d2e9c7.jpgLa musique colombienne n'est certainement pas faite que de blondes pulpeuses et débiles comme Shakira et en Amérique latine, il existe d'autres chanteuses de talent que Cesaria Evora.

Ce sont autant de choses que nous prouve cet album enlevé de Toto La Momposina y sus tambore.

Avec donc des percussions traditionnels et un rythme à faire pâlir les plus gros tubes de techno, cet album aux paroles simples, portée par une voie envoûtante est un excellent exemple de ce qui se fait de mieux en matière de musique latine. 

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