mercredi, 04 novembre 2009
Le jeu de l'ange
Un sixième roman pour l'auteur barcelonais, après l'ombre du vent, publié en 2001, livre que j'avais trouvé particulièrement formidable, presqu'autant que j'ai été déçu par celui-ci…
Autant le précédent roman de Zafon flirtait avec bonheur du côté des classiques, laissant s'échapper des pages quelques notes de Hugo, autant Le jeu de l'ange n'arrive qu'à citer Molière ou Marquez, sans les inclure vraiment dans la narration.
Je suis toujours très client de ces oeuvres qui se donnent pour fil le parcours initiatique d'un jeune homme vers l'age adulte (Hesse, Hearn…), mais sorti de cette belle introduction, justement dans ce registre, l'auteur entraîne David Martìn, vers les ressorts du polard, avec tellement de rebondissements que ça en devient fatiguant.
Les années 1920, Barcelone. David Martìn, donc, jeune reporter en charge des faits divers à la Voz de la Industria, orphelin, est forcé par son protecteur à se lancer dans l'art de l'écrtiture littéraire, activité qui lui confère une petite renomée, qui lui permettra bientôt d'être contacté par un éditeur français, avec lequel il se liera alors via un pacte faustien.
Ces nombreux emprunts aux classiques des beaux arts étant déjà un mal suffisant pour empècher ce livre d'être majeur, Zafon en rajoute en réutilisant honteusement le décor du Cimetière des Livres Oubliés, si belle trouvaille du roman précédent.
C'est peut-être à la lecture du 4° de couverture, lorsqu'on apprend que l'auteur est désormais citoyen américain et exerce la profession de scénariste qu'on peut comprendre pourquoi il a tant sacrifié dans cette écriture au suspense…
21:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le jeu de l'ange, carlos ruiz zafon
mardi, 13 octobre 2009
Sgt. Pepper's Lonely Hearts Dub Band
Le même collectif reggae qui avait déjà sorti ces dernières années Dub side of the moon et Radiodread a lancé en avril un nouvel album concept remixé en s'attaquant encore une fois à du très lourd, Sergent Pepper, toujours sur le même principe de reprise de morceaux par le différents artistes de la bande, avec un beau respect de l'oeuvre original.
Mais si Dub side of the moon, sorti en 2003, avait l'avantage de la nouveauté doublé d'une belle inventivité, avec une mise à jour amusante du concept de bruitage et d'univers sonore en remplaçant notamment les machines à sous de Money par des sons de bang, le fait de reprendre les mêmes bandes pour les calquer simplement pour un album si riche au niveau sonore est bien dommage.
A noter quand même la belle reprise par Sugar Minott de When I'm 64, seul morceau vraiment réussi de cet album.
11:39 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sgt. pepper's lonely hearts dub band, the easy star all-stars
Unglorious Basterds
Comme de bien entendu, le 7° film (et je suis sûr que ce chiffrage va encore créer un débat, oh combien constructif...) était très très attendu, et les critiques de tout poils ont pu s'en donner à coeur joie et s'horrifier de la teneur discursive absolument scandaleuse de l'oeuvre.
Moi j'ai vu du Tarantino pur jus, avec des séquences de Western (la première), de très belles caméra (dans le cinéma, sur la fin), des personnages très bavards (tout le temps).
Finalement l'idée de filmer pendant 2H30 un commando juif déterminé à scalper du nazi mené par Brad Pitt et d'aller même jusqu'à tuer Hitler, Goebels et toute la clique des gros chanmés, même si ça présente très mal tant la Shoah est un terrain dangereux pour une fable (?), quand c'est fait par ce type là, ça passe à peu près, Tarantino use du pire épisode de l'histoire de l'humanité comme un décor et c'est accéptable, étonnant...
Par contre pour ce qui est des qualités filmiques, je suis révolté, j'espère que ce ventre mou n'est pas le début d'un lent déclin et que la théorie de Sick Boy ne se vérifiera pas! Ici, on ne joui ni de l'entierté de genre du boulevard de la mort, ni de la superbe interprétation à la Kill Bill, et la musique! Fini les bandes rock exhumés des 50's, elles ont étes outrageusement remplacées par des nappes au mètre meublantes à la Ikéa... dommage...
11:19 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : unglorious basterds, quentin tarantino, brad pitt, mélanie laurent, christoph waltz
Ghetto-Blaster
Après avoir éclusé les scènes d'Europe avec le klezmerique David Krakauer, le DJ préféré du grand clarinettiste nous sort son premier album solo.
Fini pour Socalled les bords de scènes hasardeux à tenter vainement (je ne me base pour ma critique que sur une seule prestation, mais oh combien désastreuse lors de l'Éclat final à Fourvière en 2006) de poser des samples sur de la musique instrumentale, et vive cet nouvel indépendance qui lui permet de donner enfin libre court à son talent.
Découvert sur le merveilleux blog de la candide cébé (pour lui baiser les pieds suivre le lien en colonne de gauche), le désormais cultisme DJ canadien nous propose dans son premier opus une ballade à travers ses influences nombreuses et éclectiques, du hip-hop au son traditionnel Klezmer, en passant par le classique, la dance…
Construit comme une playlist, l'écoute nous donne vraiment l'impression d'avoir lancé en shuffle une base de mp3 sur notre ordinateur.
Au centre de cette pluie de genres, un tube, un titre qui nous mettrais sur la piste d'un son Socalled, pur jus, qui aurait pour 4'33 digéré ses influences: You Are Never Alone.
A l'épicerie moderne le 2 décembre avec David Krakauer
10:53 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : socalled, ghetto-blaster
Le livre de la jungle
Un bébé abandonné au coeur de la jungle, trouvé par une panthère qui le fait adopté par une famille de loups, jusque-là quelque-chose de très classique chez Disney, un conte pour enfants et à la fois une présentation du mythe de l'enfant sauvage.
Et puis l'enfant grandi et se trouve alors catapulté d'un animal à l'autre dans une jungle survoltée ou chacun est un chanteur de jazz hystérique, porteur de sa chanson, de l'hymne de son mode de vie qu'il veut inculquer au fils d'homme.
Le livre de la jungle est un trésor d'amoralité, peuplé de personnages jouisseurs et égoistes, une proposition incroyable pour un film sur l'apprentissage de la vie: malgré toutes les parenthèses clipesques, le but du jeu est que Mowgli réintègre son monde, le village des hommes, parce-qu'il est en danger du fait de Shere Khan mais c'est la logique biologique, la rencontre avec une jeune humaine qui va être le déclencheur de son départ.
10:46 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le livre de la jungle, wolfgang reitherman, phil harris, sebastian cabot, bruce reitherman, louis prima, george sanders, sterling holloway, j. pat o'malley, verna felton, clint howard, chad stuar, lord tim hudson
Cheech and Chong's Up in Smoke
Une comédie complètement délirante, 10 ans après le "Summer of love" où deux "bitniks" complètement fantasques s'embarquent dans une épopée à mi-chemin entre Las Vegas Parano et Le Corniaud.
Les pétards les plus gros que vous ayez jamais vu, une bande son de toute beauté, des gags en cascades, des flics dignes de Gérard Oury...
Un pur moment de bonheur et de fantaisie, un goût du burlesque et du cinéma très proche de ce que filmera plus tard le merveilleux Wes Anderson.
10:21 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cheech and chong's up in smoke, richard "cheech" marin, thomas chong, stacy keach, tom skerritt, edie adams, strother martin, cheryl "rainbeaux" smith, lou adler
mardi, 21 juillet 2009
Young Gods play Woodstock
Comme souvent, Fourvière nous offrait dimanche soir un très bon spectacle, carrefour des arts, cette fois à l'occasion d'un concert des Young Gods qui jouent durant 1H30 sur la partition du film de Michael Wadleigh.
Sur un écran géant, placé à la face de la scène, Woodstock, le film, et en dessous, le groupe de Franz Treichler enquille les remix de Jimi Hendrix, The Who, Joan Baez, Richie Havens, Crosby, Stills & Nash...
Parfois proche du film, jusqu'à la synchro gestuelle, notamment durant une séquence ou s'enchaînent les solos de percussions, parfois très éloignés des musiques de 69, jusqu'à ne rechercher qu'une communauté d'énergie entre les images (en haut) et la scène (en dessous), le travail des Young Gods sait rester juste.
Mais le projet est bien loin d'être une simple tentative illustrative, un ciné-concert, la durée de la vidéo est ramenée à 90' (et non plus 180) par le biais d'un échantillonage des chansons, puis des images qui vire bien vite au sampling visuel.
Le point fort de Woodstock, le film, était, en plus de la qualité évidente de la distribution musicale, la présence en interludes de séquences public, illustrations d'une force ethnologique, ce qui donne au projet une portée bien plus large. Comme 24 Hour Party People ou Scratch plus récement.
Certainement un évenement majeur et un moteur pour toute la création musicale depuis 1969, Woodstock n'avait connu jusqu'alors que des tentatives de redites sous des formes trop proches, le spectacle multimédia inventé par les Young Gods devient alors peut-être le meilleur hommage, la façon la plus musicale de se souvenir, 40 ans plus tard.
18:47 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : young gods
lundi, 13 juillet 2009
Infiniment là
Durant une heure, Anne Conti et son band nous guide sur le terrain de la mélancolie, dans un rock poétisé, proche d’influences comme Canta ou Ringer.
Même si l’énegie et la présence remarquable de la chanteuse donnent au concert une puissance certaine, je n’ai pas été conquis par la musique et les mots, mais les goûts et les couleurs…
Elle porte sur scène une sorte de détresse personnelle, elle se met constamment à nu face au public, et elle semble plus intéressée par le métier de chanteuse comme une thérapie que par la musique…
Les musiciens qui l’accompagnent jouent avec brio, proposant des instruments originaux, mais ne participent pas à la mise en scène, consacrée uniquement aux moments solo de leur leader, qui nous chuchote alors au micro des parcelles de son imaginaire, presque maladroite…
Au Chien qui fume jusqu'au 31 juillet
19:51 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : infiniment là
dimanche, 12 juillet 2009
Comme un gant
Un numéro rafraîchissant et spectaculaire à la modernité assumé, samplant avec justesse les codes du théatre, du mime et de la boxe.
Comme lors d’un match, les deux comédiens figurent les rôles du boxeur et du commentateur sportif, le premier mimant ce que dis le second et inversement.
Puis le texte de Raphaël Gouisset nous amène peu à peu, de l’histoire d’Ernest, fils d’un boxeur et d’une boxeuse vers des numéros de mime, de magie, dans une gestuelle chaplinesque de Guillaume Pigé.
Après une première musique, hyper connue et identifiée, qui pourrait déservir la singularité du projet, la diffusion d’une sorte de play-list devient finalement légitime parce qu’illustrations intéligente des tableaux.
Peut-être aussi vu la jeunesse de la compagnie Théâtre Re, la justesse du rythme et la construction captivante du texte sont autant de réussites remarquables.
Pulsion Théâtre, jusqu'au 31 juillet
17:13 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : comme un gant
Le cirque des mirages
En introduisant tout d’abord deux personnages aux allures gothiques, Le cirque des mirages capte l’attention du spectateur en proposant un univers singulier et habité, parti pris ambitieux qui ne va ensuite cesser de décevoir par la mise en œuvre du spectacle.
L’utilisation du plateau se résume par la suite à un tour de chant à l’imagination limitée : multiples utilisations de personnages caricaturaux (diable, aveugle…) sous le joug d’influences pas assez ou trop marquées (Ferssen, Brel…).
Yanowski enchaîne alors des chansons aux paroles rendues incompréhensibles par la multiplication des effets vocaux, le tout face à un micro tout à fait superflu vu le coffre naturel de l’artiste.
Fred Parker accompagne au piano et (trop peu) à la voix.
Quelques réussites sur des essais du côté du jazz ou du sketch, mais dans l’ensemble, un exercice ennuyeux, manquant cruellement de rebondissement, ou même d’une infime part de narration.
Au chien qui Fume jusqu'au 31 juillet
17:13 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : le cirque des mirages
mercredi, 08 juillet 2009
"Vite, rien ne presse!"
Comme on l’a connu pendant longtemps en tant que chroniqueur au Fou du Roi, Vincent Roca continue sur scène d’être un beau parleur, un maître es-langue
Le spectacle ajoute à ses capacités verbales les gimmicks gestuels qui portent ses phrases, lancent ses phases.
Comme un slameur, mais peut-être avec un peu moins de l’auto-satisfaction qui encombre ces porteurs de mots, il jongle couramment avec la langue fançaise, détourne les mots, fait des phrases avec emphase et se donne même le micro pour quelques parties chantées, hommage à Bashung, verbe sonorisé, notisé.
Plus porté par la langue que par les dogmes, Roca enfile des textes pour le plaisir des rimes et ne se permet que quelques digrétions politiques marquées à gauche, comme ses confères Porte et ex-Carlier…
Ici il parle du temps, de la vie à la mort, puis de plus rien, juste des mots qui font jeux, qui font mouche.
au Théâtre des Béliers jusqu'au 31 juillet
18:38 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : "vite, rien ne presse!", vincent roca
Les yeux jaunes des crocodiles
Il le me semble qu’un livre n’a d’intérêt que s’il présente au lecteur une manière originale de compter un récit, un usage singulier de la langue et qu’il apporte quelques éléments de culture générale sur un domaine singulier, cadre de l’action.
Bien sûr l’auteur de ce livre recopie quelques ouvrages traitant de la France du XII° siècle, mais l’application qu’elle met à la description de la ménagère de moins de 50 ans, comme un publique cible suite à une étude de marché sur un lectorat potentiel, pour ensuite amener ce stéréotype idiot vers des aventures rocambolesques relève à un tel point du froid calcul commercial qu’il apparaît alors comme scandaleux que l’ouvrage devienne effectivement best-seller.
18:32 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : les yeux jaunes des crocodiles, katherine pancol
vendredi, 26 juin 2009
Centraal Station Antwerpen gaat uit zijn dak!
Même si l'audition trop régulière de France Inter provoque chez moi une lassitude de plus en plus palpable, cette station reste tout de même un facteur de découverte complètement irremplaçable, comme lors du Kriss et son Crumble de dimanche dernier, qui évoquait la mode récente des Flash Mob, ces séquences publiques surprises interprétés par des gens qui sortent soudain de la foule pour interpréter des happenings concertés, le tout filmé en caméra caché dans le but de capter en même temps l'étonement des spectateurs.
De cette tendance sont nés de nombreuses expressions, sur ce principe on va du street art à la publicité (la poste en ce moment), mais la plus belle variante sur le thème est à mon avis, La mélodie du bonheur en gare d'Anvers, où dans un station, les usagers se changent peu à peu tous en danseur, sur la musique bien connue du film de Robert Wise, jusqu'à ce qu'il n'y ai quasiment plus de spectateurs, que nous, puisque témoignage vidéo.
Par la reconquète de l'espace urbain utilitaire et transitoire pour un objet artistique, les auteurs du show créent une vrai surprise forte d'un positivisme exubérant digne de la version originale.
18:46 Publié dans Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : centraal station antwerpen gaat uit zijn dak!
Le voyage dans le passé
Empéchés à leur rencontre originelle dans leur amour pour les contraintes sociales qui s'imposent à eux, puis séparés par une guerre, deux amants se retrouvent neuf années plus tard, le temps d'un trajet en train, qui va leur donner l'occasion du souvenir de leur amour, avec l'espoir de recoller par la suite les morceaux ébréchés de leur romance. Mais la qualité de la passion de jadis ne pouvait peut-être se révéler pleinement que dans son empêchement et le nouveau potentiel accomplissement du présent devient misérable et commun.
Après avoir lu Hesse, on comprend à quel point Zweig peut être considéré comme son digne successeur, tant il parvient avec talent à transcrire l'âme humaine et ses tourments sur une feuille de papier. On retrouve des manières de faire si proches de celles de livres comme Gertrude ou Narcisse et Goldmund qu'on ne peut alors que se persuader que le second a appris du premier.
17:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le voyage dans le passé, stefan zweig
mardi, 23 juin 2009
Un jour de colère
Une nouvelle oeuvre du génial auteur espagnol déjà responsable de la Reine du Sud et du Peintre de batailles entre autres.
Le 2 mai 1808, excédée par le comportement de l'occupant français, Madrid se soulève contre les troupes napoléoniennes et la population, le temps d'une journée sanglante se jette à corps perdu dans une tentative patriotique de reconquète de la souveraineté espagnole. Malgré les nombreux projets fomentés par des membres des différents corps de l'armée espagnole, les civils resteront seuls à se battre et à mourir aidés en cela uniquement par deux capitaine et quelques dizaines de soldats.
Arturo Pérez-Reverte compte cette histoire sous la forme de l'addition des destins individuelles de tant de madilènes qui se soulevérent, qui nous sont présentés sous leur nom, âge et profession, le temps d'un paragraphe. Cette forme visible de narration permets au lecteur d'entrer dans la réalité historique des faits et à l'écrivain de se dispenser d'un héros là où il y en avait tant.
Comme à tant d'autres occasions, une lutte qui parait juste pour un peuple entier ne donne pas lieu à une victoire parce-que tant de tièdes ont préférés attendre de connaître le vainqueur à féliciter plutôt que de prendre les armes.
12:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : un jour de colère, arturo pérez-reverte
samedi, 09 mai 2009
Je l'aimais
Le deuxième roman de la formidable Anna Gavalda, qui, par son oeuvre pourrait être une preuve suffisante de la bêtise de ce tâcheron de Don Morrison, l'homme qui a prétendu la mort de la culture française.
Chez Gavalda, l'histoire en elle-même a en fait assez peu d'intérêt, elle s'attache toujours à proposer des personnages et à les faire évoluer dans une histoire assez simple, principalement dans le but d'utiliser des situations comme révélateurs des personnalités, comme médium pour revenir par le biais de flash-back très fréquent (qui laissent parfois complètement de côté l'intrigue principale) aux traumatismes initiaux fondateurs des personnages. D'où la grande bêtise de Becker quand il adapte Ensembles c'est tout au cinéma de se focaliser sur une narration linéaire, espérons que l'adaptation du présent roman par Zabou Breitman sera plus inspirée….
Dans Je l'aimais, suite à une rupture douloureuse avec son mari, une jeune femme part avec ses deux filles et son beau-père vers une maison de campagne qui devient bientôt le décor unique de la narration, un lieu pour un long dialogue nocturne entre beau-père et belle-fille.
Le grand-père va alors progressivement sortir de son personnage social pour conter à la femme trompée sa propre histoire, initiative quelque peu incroyable puisqu'il va lui parler de sa propre infidélité, mais au-delà du choc émotionnel (peut-être bénéfique) que le discours va alors provoquer, le vieil homme veut surtout faire passer le message que la vie doit être vécue comme on l'entend, selon ses propres choix et non pas sous la domination d'une passivité empreinte de morale.
Le roman a l'intelligence d'être assez court pour ne pas lasser dans la simplicité de sa forme, et quelques scènes sont vraiment drôles comme celle où il raconte sa première rencontre avec celle qui va devenir son amante, alors traductrice pour une rencontre avec un gros client chinois et qui lui traduit alors que le client refuse de continuer l'entretien parce que son interlocuteur est en train de tomber amoureux, situation vaudevillesque et très amusante.
Au cinéma par Zabou Breitman depuis mercredi
16:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anna gavalda
vendredi, 24 avril 2009
Beirut
Deux albums sortis pour le moment, par Zach Condon, sous le nom de Beirut, Gulag Orchestar en 2006 et The flying club cup l'année suivante.
Une musique planante, empreinte des sonorités de fanfares, des thèmes spatiaux, avec quelque-chose de Yann Tiersen, en plus moderne. Des titres agéables et très bien travaillés.
Les disques montrent une capacité à produire des morceaux pop (de par la voix), en y attachant des instrumentations variées et inventives, passant dans différents registres.
15:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : beirut, zach condon
Millénium 1 - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
Objet lui même d'une destinée romanesque (disparu après avoir confié à son éditeur les trois volets de son oeuvre unique), l'écrivain suédois Stieg Larsson livrait en 2004 Millénium, en trois parties, dont le premier volume, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes.
Après quelques chapitres d'introduction qui nous présentent un mystère et deux enquêteurs, avec une subtilité remarquable, les éléments vont peu à peu se rencontrer au fil de l'intrigue pour composer un roman prenant, à la lecture parfois jubilatoire.
L'auteur a l'intelligence d'enrichir à la fois le passé et le présent, au fil de la narration pour doubler ainsi l'intérêt de la lecture, les découvertes et les répercussions dans le temps de l'enquête(: c'est un polar).
Les caractères et les évolutions psychologiques des deux principaux personnages Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, le héros identificatoire et la freaks mystérieuse et hyper douée pour l'informatique sont presque plus importants que l'avancée narrative principale.
Le roman gagne en intérêt quand il prend aussi le temps de l'information en nous apprenant des éléments de l'histoire suédoise sous le III° Reich, quelques méthodes de hacking élémentaire et un peu d'économie industrielle par le personnage de Mikael, journaliste dans ce domaine, et le livre devient alors politique par ce héros qui dénonce les comportement mafieux des industriels suédois.
Emporté par le flux de son écriture et peut-être aussi à cause de son inexpérience comme auteur, Stieg Larsson se laisse un peu aller à certaines facilités, ce qui laisse le livre dans la catégorie des romans prenants et agréables, sans être une révélation littéraire.
Le 13 mai sur les écrans français!
11:02 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : millénium, les hommes qui n'aimaient pas les femmmes, stieg larsson
En même temps
Un one man show sportif et intrépide, où Gérald Robert-Tissot saute du coq à l'âne au fil de ses émotions, fondatrices et accessoires, un essai existentialiste, des questions autour de l'être, de son rapport au monde, un homme qui s'intéroge, s'angoisse, s'apitoie, se réjouie, bref, ressent!
Parfois un peu lourd dans une volonté de s'ancrer dans l'actualité, le texte de Evguéni Grichkovets a pourtant souvent la pertinence de traiter de petites choses qui savent trouver leurs échos chez le spectateur.
Les éléments de comique agrémentent cette pièce simple et, alors, divertissante, sans donner totalement dans le café théatre…
à l'Élysée (de Lyon) jusqu'au 25 avril
10:58 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : en même temps, evguéni grichkovets, gérald robert-tissot
samedi, 11 avril 2009
Le livre des nuits
D'après la rumeur persistante des lecteurs, un roman essentiel et abouti d'un auteur accompli et talentueux…
Le livre des nuits se présente d'abord comme l'histoire d'une famille, une génération après l'autre, qui porte en elle sa propre malédiction, d'abord individuelle, quand les Pléniel sont des gens du bord de l'eau, puis collective quand ils s'en vont à terre et rejoignent alors l'Histoire, confronté presque à chaque génération aux guerres contre les, alors, héréditaires ennemis du nord. Arrivé à terre, le récit stop la narration descendante pour se focaliser sur le dernier survivant qui devient patriarche.
Mis à part cette forme intéressante et originale de récit, le livre des nuits s'embourbe dans son autre choix littéraire: le mélange poétique. Les Péniels ont aussi en eux des capacités fantastiques qui, développées, vont donner lieu à un second baptème de l'auteur qui leur prête alors des surnoms à rallonge, assez idiots, un peu comme une tentative d'associer maladroitement le lecteur (de moins de 14 ans?) à son histoire. Puis les surnoms dérivent, vers des mots sans sens, essais poétiques en tête de chapitre, maladroits…?
Je vais plutôt relire encore Cent ans de solitude, ou la poésie et le fantastique font corps avec le texte, livre qui possède aussi son patriarche hyper-féconds, hanté par le malheur et tellement plus beau…!
11:28 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le livre des nuits, sylvie germain