jeudi, 08 mai 2008

Le Cauchemar de Darwin

1104694333.jpgSuite à l'avènement cinématographique d'un certain Michael Moore, qui a poussé la réussite jusqu'à bénéficier d'une palme d'or, décerné par le tarantinesque jury du festival de Cannes pour Farenheit 9/11 en 2004, le documentaire est devenu (re-devenu?) un genre à part entière au cinéma: des films diffusés largement sur grand écran, des succès et des polémiques.

Il y a aussi bien sur les docus de prestiges tournés avec des moyens et dans un temps faramineux par des Jacques Perrin, mais le Cauchemar de Darwin se place plus nettement dans la lignée de Moore, tout comme Supersize-me et autres films au propos bien politisées.

C'est donc l'histoire d'un désastre, celui d'une région, la Tanzanie, sur les bords du lac Victoria, ou un homme, occultant les processus de vérification scientifique sur les impacts possibles sur l'écosystème a décidé unilatéralement d'introduire un poisson prédateur dans un des plus grand lacs du monde, s'en suit une colonisation massive de la bestiole au détriment des autres espèces, et puis l'impact animal devient humain lorsque la réaction en chaîne affecte aussi l'espèce humaine, proche et lointaine, consommatrice de l'animal.

Hubert Sauper nous montre alors l'engrenage, la série de catastrophe qui conduit des milliers de personnes vers une paupérisation galopante.

Au fil de la construction narrative, l'on suit alors les personnages, acteurs, victimes et bourreaux du drame, selon les lois de la merveilleuse logique capitaliste: des prostitués assassinées, des enfants orphelins rendus à la vie sauvage, déboussolés, pratiquant et subissant l'ensemble des vices humains, des pilotes russes racistes et colonialistes, des entrepreneurs fatalistes odieux…

Non Le Cauchemar de Darwin n'est pas un film drôle, on passe un mauvais moment, mais il met les doigt sur des choses tellement importantes, et puis oui, c'est certain, il y a un parti pris de réalisation, mais ne faut-il pas que nous ayons un peu peur pour se décider enfin à réagir?

The Information

789565129.jpg Quand on a été bercé dans son adolescence par "I'm a loser baby, so why don't you kill me" et puis qu'on s'est fait plus tard une séance d'écoute perplexe de Midnight Vulture, avant de comprendre à quel point le petit génie américain sait se placer à chaque nouvel album dans une recherche innovante, non pas précursive d'un renouveau musicale, mais plus compilatrice de ce qui s'est déjà fait, un peu le même travail que pour des Tarantino au cinéma… on reste alors attaché à suivre la discographie du "rockers" façon années 2000.

The Information, album de 2006, déjà, est bien un nouveau fruit de cette démarche de melting-pot sonore audacieux et réussi qui fait son "style" désopilant et jubilatoire.

Comme d'habitude, on ne comprend donc pas grand chose à la première écoute, et puis les thèmes s'insinuent, comme des rengaines, parce que son imagerie sonore fait écho à la notre, patrimoine de discophile…

Il fut une époque ou les nouveaux genres musicaux (depuis les origines du blues) se devaient d'être revendicatifs d'idéaux ou, pour le moins empreints d'une certaine culture ethnique ou sociétale, depuis et grâce à l'émergence de la musique électronique dans les années 90 (même si elle ffut aussi empreinte au départ des couleurs de l'Allemagne, de Détroit ou de la communauté homo), la musique peut se faire sans étiquette, et des Beck on pu apparaître et réussir, mélanger et transcender, la culture du "vieux monde".

Et comme aujourd'hui le musicien est moins intéressant que la musique, on peu profiter des sons de Beck, mais aussi continuer à écouter du Noir Désir ou du Michael Jackson, sans se soucier de qui a fait quoi dans sa vie privée…

La pochette proposée ici est une version de ce qu'on peut faire avec les stickers joints au CD qu'on trouve dans le commerce. Comme le fait Beck en musique, on peut à volonté composer sa propre jaquette!

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mercredi, 07 mai 2008

The good, the bad and the queen

1491432964.jpgRien à voir avec un album de remix de la BO de Enio Moricone, il s'agit en fait du dernier projet de Damon Albarn, qui après Blur et Gorillaz, ainsi que quelques projets solo, des BO (comme celle du très bon 101 Reykjavik, sorte de Trainspotting islandais…)… continue ses excellentes collaborations musicales pour ce dernier projet, de 2007 où il bosse alors avec Paul Simonon (L'ancien bassiste de The Clash), Simon Tong (ex guitariste de The Verve) et Tony Allen (ex batteur génial de Fela).

Du beau monde donc sur ce disque, et le casting n'est pas vain, le résultat est au rendez-vous, les 12 titres sont tous très très valables.

Damon Albarn, déjà sur un nouveau projet, sera présent aux nuits de Fourvière avec Honest Jones Revue.

mardi, 06 mai 2008

Just a Kiss

1229507011.jpgNon, Ken Loach n'est pas un réalisateur de films chiants, sociaux, toujours dans le même style, il a, bien sûr, mais comme tant d'autres, son univers, son style, et même s'il est prolifique comme réalisateur, j'ai eu la chance de voir quelque uns de ses films qui ne sont pas que les éléments d'une longue liste de réalisations (notamment Sweet sixteen, exceptionnel).

Dans Just a Kiss, on suit la rencontre, puis la construction amoureuse d'un couple anglo-pakistanais, gêné fortement par l'incompréhension de leurs castes/tribus d'origines.

Le Royaume-Uni est un pays de mélange, on connaissait déjà l'importance de la communauté indo-pakistanaise, vue notamment dans des films comme le sympathique Joue la comme Beckham. Casim est donc pakistanais, Roisin est irlandaise, et malgré leurs différences évidentes ils ont immédiatement cette complicité des gens qui s'aiment. Mais Casim doit se marier dans quelques semaines avec sa cousine et c'est ce temps qui va devenir celui du récit, le temps qui leur est donné pour faire des choix qui les mettront en marge de leurs communautés qui refusent férocement cette exogamie insupportable.

Roisin est enseignante à mi-temps, mais lorsqu'elle doit être titularisé, on découvre qu'elle doit fournir un certificat de bonne conduite délivré par le curé de sa paroisse, comme prof dans une école catholique, démarche qui paraît incroyable dans notre pays ou les lois sont parfois bien étranges et loin de nos convictions mais ont au moins l'avantage de respecter la laïcité!

Dans la famille de Casim, il y a les parents, qui ont connu l'exode depuis l'Inde lors de la scission du territoire, en 47, puis l'immigration en Angleterre, ancrés dans leurs valeurs, leurs traditions et leur communauté, il y a la grande soeur, tout aussi traditionnelle, dans une reproduction irréfléchie et absolue du modèle parental; Casim, qui souffre le déchirement du choix et leur petite soeur, militante de son identité individuelle, battante, la première génération a se sentir plus Anglaise que Pakistanaise, et par cette famille on comprend alors tout le cheminement psychologique des exilés.

On passe alors un très bon moment, entre des séquences de légèreté indissociables de la narration d'une romance et une vraie réflexion politique, sociale, comme Ken Loach sait si bien en mener. 

Très bien, merci

1600235233.jpgNon, tout ne va pas bien pour Gilbert Melki, suite à un contrôle d'identité qu'il observe sans vouloir circuler malgré les injonctions répétées des policiers, il passe une nuit en garde à vue, puis continuant à refuser le mécanisme écrasant, liberticide et contraignant des rouages administratif, il fini en hôpital psychiatrique pendant plusieurs semaines.

Un engrenage impressionnant, injustifié, qui le pousse bientôt à somatiser une vraie dépression et à perdre le contact avec le réel.

Et quand la société manque de moralité et de justice, la solution pour la survie individuelle mentale sera alors peut-être de devenir soit même immoral.

On suit pendant une heure trente le cheminement improbable de ce comptable insoumis aux normes qui vit cette trajectoire kafkaïenne avec un flegme étonnant, mais aussi un second personnage tout aussi bien interprété, en la personne de Sandrine Kiberlain, taxi, qui prend relativement de mauvaises décisions dans cette aventure, ce qui va précipiter un peu plus son mari dans sa chute.

Ce deuxième rôle introduit des séquences courtes, comme des virgules, à bord du taxi, avec à chaque fois un client différent, ce qui va renforcer le climat pesant, montrant une société individualiste, faite d'égoïstes, où les individus aux comportements a-normaux courent les rues quand on enferme les gens équilibrés.

Le film aurait fait, à mon avis, un excellent court métrage, mais Emmanuelle Cuau choisi de coller le temps du récit au temps du réel, pour amener le spectateur à sombrer doucement en compagnie des personnages, et c'est alors ce qui fait toute la qualité du film.

jeudi, 01 mai 2008

The Darjeeling Limited

1008776068.jpgLe dernier film de Wes Anderson, après La vie Aquatique, la famille Tenenbaum et Bottle Rocket, une filmo dont je suis absolument fan, du cinéma indépendant américain, vraiment décalé, assez drôle…

Celui-ci est aussi tout à fait étrange, mais dans une démarche plus cinématographique: les ralentis sur les courses des trois frangins pour attraper le train! Vraiment de belles images, peut-être grâce à la vaste contribution de Roman Copolla…

C'est donc l'histoire d'un mec (Owen Wilson) qui convoque ses deux petits frères pour un périple ferroviaire indien, en quête de leur mère, qui devrait être au bout des rails.

Même si les deux cadets, Adrien Brody (Le pianiste) et Jason Schwartzman (plus largement mis en scène dans une première partie, sous forme de court-métrage), sont au départ franchement passifs face aux prises de décision unilatérales de l'aîné, ils interviennent peu à peu eux aussi comme des personnages à part entière.

Se jouent au fur et à mesure d'autres enjeux, qui nous font comprendre le fonctionnement de cette drôle de famille, qui est, comme toujours chez Anderson, recomposée, abandonnée, magnifiée, faite de génies et de débiles et de génies débiles.

Le voyage entrepris doit, selon les règles du personnages de Wilson être mystique et initiatique, le programme très carré doit permettre aux frères de redevenir une fratrie présentable, mais les trois garçons (ils n'agissent vraiment jamais comme des adultes) vont avoir la chance de rencontrer une vraie belle épreuve de vie, initiatique et altruiste.

Darjeeling Limited ce n'est pas vraiment du cinéma, plus une expérience graphique, quelque-chose de conceptuel, basé avant tout sur des identité de costumes, de couleurs, d'images donc. L'histoire est presque linéaire, mais permet surtout de donner l'occasion à des situations voulus par le réalisateur pour exprimer son univers pictural.

lundi, 28 avril 2008

Salut

Présentée au théâtre des marronniers à Lyon ces trois dernières semaines, la pièce de Yann Ducruet est de qualité.

Pendant une bonne heure, on suit l'histoire de cet homme, le dernier sur terre, las et triste sur son île quand tout a été englouti par les flots; qui, pour subsister pêche et comble de son malheur, va ramener du bout de sa canne, la seule espèce qu'il ne peut se résoudre à consommer, un, humain!

Et de là le fatalisme des premiers instants laisse place au lyrisme d'une forme évolutive qui sait devenir comédie musicale, puis retraverser, de ce théâtre très moderne, vers des moments plus classiques en donnant du côté des mythologies (la scène serait un purgatoire…?).

Un espace prenant, divertissant et réflectif, ou il fait bon se promener.

jeudi, 17 avril 2008

L'ange exterminateur

1944314900.jpgAvec (qui lui ont succédé) Almodovar et Amenabar, ainsi que son contemporain, Carlos Saura, Bunuel est certainement l'un des piliers du cinéma espagnol, et, tout spécialement, à mon avis avec ce film unique, décalé, baroque.

Suite à une soirée mondaine dans une demeure bourgeoise, les hôtes et leurs invités se trouvent prisonniers de leur salle de séjour, sans qu'aucun deux ne puissent en sortir ni aucun des curieux qui se massent bientôt à leur porte, y entrer.

Les prisonniers bourgeois vont alors progressivement évoluer de leur réserve polie vers des inter-actions plus basiques liées à leur condition de captifs, le film devient alors nettement une critique d'un milieu et de son verni aristocratique si friable…

Un drame étrange, magique et mystique, proche du Huis Clos de Sartre, un film de recherche sur le caractère de l'humain, peut-être un modèle ou un précurseur de gros films américains stupides comme Cube… 

Tales of the forgotten Melodies

694143654.jpgL'album qui a lancé ce DJ Hip Hop, accompagné sur scène par quelques musiciens branchés en midi.

Wax Taylor, c'est un peu pour notre génération, la suite logique de Portishead, puis des artistes Ninja Tunes.

Une ambiance hip-hop donc, mais aussi trip-hop, new jazz… enfin pas vraiment de genre déclaré, comme souvent la musique quand c'est bon et novateur depuis une quinzaine d'années…

A écouter en priorité la reprise du classique "Que sera sera", très bonne.

Une musique pas vraiment pour danser, plus en fond sonore, quelque-chose qui vient du studio, lancé et primé par Radio Nova, symbolique de ce qui se fait aujourd'hui en matière de musique électronique. 

El Abayarde

1494773018.jpg Le ragga n'est pas qu'une musique hyper produite et formatée par des Sean Paul pleins aux as, et puis comme souvent dans un genre musicale, il y a les gros médiatisés, et puis une foule d'autres derrière aux talents variés.

Tego Calderon distille un rythme qui est bien ancré dans ce genre, mais en proposant dans cet album quelques tracks plus tradis aux sonorités afros, un peu comme chez K'nan ou Orishas, ce qui fait l'intérêt d'un album, parce qu'alors il est composite et pas que dans la répétition de la même recette musicale.

Bien sûr il ne faut pas être allergique au hip-hop pour goûter à cette musique, et puis bien sûr aussi, je vais pas prétendre que c'est d'une composition exemplaire, mais le rythme est bon, ça a bien un côté exotique et ça change… 

Lily la tigresse

1957689825.jpg En ayant un peu marre de tourner toujours sur les mêmes Phillip Roth, Nancy Huston, Tonino Benacquista et autres Alexandro Barrico, je tentais il y a quelques semaines la folle aventure d'acheter un livre nouveau, d'un auteur inconnu et c'est alors que, conseillé par une libraire avisée d'un petite boutique thoninoise, où je me trouvais, au hasard des tournées théatreuses, j'acquis le petit roman très sympa de Alona Kimhi.

Au départ un peu déçu par le manque d'exotisme dans l'écriture et l'histoire d'un livre israélien, j'ai été finalement ravi par cette aventure très originale, aux personnages hauts en couleur et vraiment attachants.

C'est l'histoire d'une jeune femme, fiancée, finalement rejetée par son homme qui ne s'accomode plus de ses 120 kg.

Lily part alors dans une série d'aventures de plus en plus incroyables et fabuleuses, qui la mènent peu à peu vers une transformation totale de sa féminité, accompagnée par deux amies, dont, principalement, Ninouch; créature fabuleuse également de part son destin improbable qui est compté en parallèle à l'histoire principale de Lily.

On retrouve alors dans cette lecture de suivre le récit d'une auteur accomplie et talentueuse, non loin des qualités d'une Nancy Huston.

vendredi, 11 avril 2008

Paris

1692341372.jpgLe dernier Klapisch, c'est pas mal, pas transcendantal, mais pas mal.

J'ai eu un peu l'impression de voir un film choral (comme disent les braves gens du "masque et la plume"), mais avec des personnages de différents cinéastes, on a un Guédiguian, un Resnais…

Romain Duris est très bon comme d'habitude, et on est aussi soulagé de le retrouver avec son copain Cédric  dans autre chose que le rôle de Xavier, ici il joue même un rôle dramatique.

Pour la musique, le thème est une reprise au piano, minimaliste, complètement insupportable d'un titre pourtant originairement formidable d'Adieu tristesse d'Arthur H.

L'histoire est bien, mais là aussi on sent encore trop d'influences, c'est un peu ce que racontait Inarritu dans 21 grammes et quand on regarde l'affiche à côté de celle de Babel, on a un peu fait le tour de la question.

Mais je suis un vil casseur de rêve me direz-vous, avec ce jeu des ressemblances je vous ai cassé tout le film, mais libre à vous de vous en faire une opinion positive!

mardi, 08 avril 2008

La Pompe Moderne

874282509.jpgComme le disent les gens pas drôle, en musique, on a fait le tour (quoique…), alors, tant qu'à écouter des copies de ce qui existe, on peut aussi s'amuser en même temps, ce que propose La Pompe Moderne, anciennement The Brassens, un titre qui leur allait d'autant mieux que ce sont des reprises de tubes récents "façon Brassens", et c'est très drôle, mais Dura Lex sed Lex, et la justice n'est pas drôle, et ils ont dû changer de patronyme.

De ce que je connais, existe déjà une version hilarante de la Vibes (Diam's) et du Mia (I AM), pour le reste, il y a un myspace…

Et puis comme un concept n'arrive jamais seul, il(s) profite(nt(?) du genre pour bien articuler toutes les paroles, et l'on découvre alors des ressources inattendus dans les tubes de nos dancefloor…

Chuis pas une bombe latine, ni une blonde platine… DJ 

Radio Canut

1905543662.gifÀ Lyon, sur le 102.2, une radio libre, pas comme les autres, complètement libertaire, envisageant la maladresse comme une ligne éditoriale, enchaînant, via des animateurs bénévoles, des titres d'artistes locaux, de la rue, de la Croix-Rousse, de Lyon (des fois même de Saint-Etienne !).

Les plages musicales sont donc fort distrayantes, puisque jalonnées d'artistes inconnus du grand publique et d'autres plus célèbres dont ils sont les enfants légitimes, comme Brassens, Ferré…

Vu sa programmation musicale, Canut n'est pas pour rien dans la détermination de la ville comme Dub et Électro.

Les infos (complètement subjectives) et les chansons sont clairement engagés, clairement anti-Sarko, fraîches, complètement dans la lignée et la dynamique de la radio libre, comme elle existait au début des années 80.

Le média est ancré dans l'histoire (puisque la Croix-Rousse est originairement un lieu de révolte et de construction de la démocratie) et dans la géographie du quartier (puisque situé au coeur des pentes, à deux pas de la place Sathonay). 

"Radio Canut, le plus rebelle des radios" 

lundi, 07 avril 2008

Le Combat ordinaire

1428905920.jpg474973916.2.jpg1827703940.jpg358118426.2.jpgLa (désormais) quadrilogie formidable de Manu Larcenet, peut-être le meilleur auteur de BD français vivant.

Non la bande dessinée n'a plus rien à voir avec un genre de littérature spécialisé pour enfants où les images simplifient le message; c'est désormais bien de 9° art qu'il s'agit!

Larcenet met en scène son vécu, rehaussé par sa moralité, un univers un tantinet bobo, mais qui nous ressemble tant…

 Fils d'ouvrier et donc pour échapper à l'inévitable reproduction de classe, il devient artiste, photographe, illustrateur, il quitte Paris pour la campagne, une gentille maison où il va conquérir sa légitimité d'homme, en devenant auteur, en se confrontant et en témoignant sur son passé industriel, en devenant part d'un couple, puis d'une famille.

 Les planches de BD aux belles couleurs, avec des personnages aux corps d'enfants (on sent l'ancien spectateur de mangas…) sont entrecoupées de planches de "photos", à la réalité plus crue, qui symbolise plus le monde intérieur, l'angoisse, le réel dur.

S'ajoute à cet univers un humour très présent et toujours juste, non pas comme une obligation d'auteur de bandes dessinées, mais comme une autre part d'un talent multiple et précieux.

Panique au Mangin Palace

2134913476.jpgFidèle auditeur d'Inter depuis de nombreuses années, presque comme une transmission culturelle familiale, je ne suis plus aujourd'hui bien convaincu par la grille des programmes de la radio publique, mais un peu de gauche quand même, peut-être parce que le style a évolué avec celui du PS (?), allant bien trop vers le centre-droit, en terme de ligne éditorial (voir les deux émissions débiles du matin).

Il reste bien sûr l'indéboulonable Danniel Mermet et Lenoir qui rappellent la gloire passée,  mais le ton moderne, le style décalé ET branché qui pourrait servir de modèle au reste des programmes (je vais loin, mais comme d'habitude en fait…) nous est servi le dimanche matin par l'inénarrable Phillipe Collin et sa Panique au Mangin Palace.

Trublion des ondes, il nous envoie dans la tronche 56 minutes de délire, entre de fausses chroniques politiques, un sujet de société traité subjectivement et de façon incomplète, sans oublier le feuilleton de Monique et Jean-Claude, bidochons radiophoniques hauts et forts (je suis contraint par le serveur de blog de mentionner le nom de l'hébergeur au moins une fois par mois).

Bref, c'est chanmé, ça chirdé, c'est dimanche, c'est à 11h, c'est sur France Inter, et comme le dimanche on est pas toujours derrière (ou devant selon les goûts) un poste de radio, on peut toujours podcaster et se bidonner le lundi matin. 

vendredi, 28 mars 2008

La chanson du dimanche

767018032.jpgVoici deux parisiens réjouissants qui enregistrent tous les dimanches une chanson (d'où le nom), sur des thèmes d'actu, des commentaires entendu au comptoir dans la semaine, avec une guitare et un synthé, formation et style minimalistes efficace et très drôle.

ça commence tout doucement, avec des paroles bien bêtes, et puis ça fini toujours par s'énerver à partir du refrain, toujours enregistré dans la rue, avec ce GP en début et fin sur l'objet insolite derrière eux. 

A retrouver donc tous les dimanches, à podcaster ou télécharger, c'est comme vous voulez.

Ils en sont même à sortir un DVD, ils ont fait un concert avec plein de gens qui connaissaient par coeur leurs paroles, un énorme buzz, pour un concept à deux balles, c'est ça internet!

Pour découvrir, vous pouvez suivre le lien, en colonne de gauche…

mercredi, 26 mars 2008

Siddhartha

237342320.jpgDécidément je suis fan de Herman Hesse, auteur allemand existancialiste du début du XX°, auteur entre autre du Loup de Steppes, de Gertrude et de Narcisse et Goldmund.

On retrouve d'ailleurs un peu les problèmatiques de ce dernier livre dans Siddhartha, les choix difficiles de l'homme entre la raison et la jouissance.

C'est l'histoire d'un homme, d'un indien, fils de Brahman, à la recherche de la vérité, en quète d'un spiritualité totale, du bouddha.

Il va alors "tester" différents courants, différents groupes et écoles de pensée pour touver finalement son chemin auprès d'un fleuve, incarnation idélae de la nature dans laquelle il trouve la perfection, la libération de son moi au profit d'une symbiose avec le monde qui l'entoure, après avoir connu les égarments de la vie charnelle.

Livre phare pour tout ceux qui ont connus les évenements et les questionements qui agitèrent la France il y a 40 ans, Sidhharta est une oeuvre mystique, à la portée de tous, écrit avec une langue simple, conçu comme un roman.

Les Duellistes

861028864.jpgLa deuxième réalisation du cinéaste désormais bien célèbre, Ridley Scott, mais qui en 78, peinât pour trouver les 900 000 $ nécessaires à cette production et se fit imposer les deux acteurs principaux par son studio.

Dans cette adaptation étoffée d'une nouvelle du XIX° siècle, on suit les multiples rencontres, pendant une vingtaine d'années, de deux hommes, soldats de Napoléon qui vont systématiquement se battre en duel (d'où le titre) pour une sombre question d'honneur qu'ils ne s'expliquent pas eux mêmes.

Dans ce rapport de duellistes, s'instaure, au fil de six combats, une bestailité provoqué par Harvey Keitel (presque aussi génial et effrayant que dans La leçon de Paino), rejoint bientôt par Keith Carradine.

Les très jolies femmes qui croisent leur route ne trouvent pas leur place auprès de ces acharnés qui privilégient en toute chose leur rivalité viscéralle.

Le choix des décors naturels en France est très réussit et les scènes d'extérieur et d'intérieur superbement éclairées, avec une capacité d'assumer les ombres qui donnent une belle perspective à l'image.

lundi, 17 mars 2008

Edward Scissorhands

1604156188.JPGLe film essentiel de Tim Burton, fondateur de son cinéma baroque, unique.

Johnny Depp y interprête une créature mal finie d'un inventeur génial mais mortel, parachuté dans le monde des hommes, une petite ville qui rappelle beaucoup les décors de Mon Oncle de Tatie.

Edward s'adapte et se fait aimer très vite des hommes qu'il cotoie, mais sa naiveté va l'empêcher de comprendre les dangers de l'affection de l'homme, qui ne supportera bientôt plus ses qualités qu'ils ne sauraient égaler.

Le monstre retroune alors à l'état sauvage, tue et détruit avant d'être tout juste sauver par celle qui l'aime et qu'il aime.

Contrairement à Big Fish, le vieux (ici la vieille) qui raconte l'histoire fabuleuse aux enfants comme un de ses témoins privilégié, ne va pas être discrédité par un retour violent et agacant du réel, le conte est ici la seulle vérité.

On peut trouver de nombreuses métaphores dans "Edward au mains d'argents" (Quelle perte de sens dans la traduction!), comme l'histoire de Jésus Christ…, ou peut-être aussi (analyse qui n'engage que moi et mes vues gauchistes) comme l'immigré qu'on va chercher dans son pays, pour le faire travailler dans le monde indutriallisé, moderne et rationnel, en lui donnant le minimum des clefs de survie dans le nouvel inconnu, qu'on ne salarie pas ou presque, pour finalement se rappeler violement sa différence au moindre soupçon pour finir par une chasse à l'homme… Serais-ce un film politique? 

jeudi, 21 février 2008

Sweeney Todd

984446319728aaf55830cd4ebf381de4.jpgOn sent dans ce film une joie extatique de la part de Tim Burton à la sortie de son engagement avec la Fox qui l'avait fait tourner La planète des singes, Corpse bride et Big Fish.

Le cinéaste américain pousse alors son goût du gothique et du sanglant plutôt que de développer encore une fois ses thèmes de prédilection.

C'est une comédie musicale sanglante, un style assez nouveau pour être remarquable, Johnny Depp et Helena Bonham Carter y font des merveilles.

Burton reste fidèle à son acteur fétiche depuis qu'il l'a débauché de 21 Jump street et c'est un vrai bonheur.

De Jump street à Fleet Street…

Il est étonnant de retrouver Depp (pour la première fois?) non plus dans le rôle du jeune, mais de l'aîné, un homme qui a un passé, qui vient se venger à Londres, après des années de bagne, de ceux qui lui ont vollé sa vie, et le barbier vertuose devient tueur, ses outils changent de rôle et rasent les gorges de trop près, mais alors que faire des corps? Et c'est là qu'intervient miss Lovett, faiseuse de tourtes qui peut ainsi recycler les corps dans sa cusine.

Film vraiment horrifique, des rivières de sang, du générique de début au massacre shakespearien final… 

mercredi, 20 février 2008

Raging Bull

02555ac11148f6adb626289188af4661.gifLe taureau du Bronx! Jack la Motta!! Un film de boxe, Le film de boxe, collaboration essentielle du binôme Scorcese/De Niro, un film à la limite de la perfection, en terme de mise en scène comme de jeu d'acteur, avec déjà tous les enjeux de Casino.

Quand on voit ce que ces deux là ont pû faire dans les années 70 et 80, on est quand même bien déçu les prestations actuelles de Di Caprio…

De Niro est donc déjà doublé par Joe Pesci (qui n'était pas encore devenu le débile de Maman j'ai raté l'avion ou de L'arme fatale 4) et ce sont des mecs, des gros des durs, des abrutis.

Joey au départ peu encore laisser un peu d'espoir quant à ses facultées mentales, mais il est bientôt complètement dominé par les codes de son grand frère et devient alors le même débile violent et mysogine.

C'est ça le tour de force, de faire un film inctoyable avec des personnages complètement antipathiques… un peu comme chez Ferrara pour Bad Lieutenant ou The Funeral…

Et Jack la Motta a travaillé sur le film comme consultant, ça doit pas être évident de voir sa vie dérouler en une heure trente quand on est pas mort et qu'elle est grotesque.

Mais il y a aussi la boxe bien sûr, et là la caméra s'envolle, pas au sens littéral comme chez De Palma, mais presque, les plans sont superbes, la technique parfaite.

Et l'identification à un héros marche aussi parce que La Motta comme boxeur est invincible, comme Alex dans Orange Mécanique, c'est un débile violent, mais on le kiffe!

"I'm the boss… I'm the boss… I'm the boss…"

"Did you fuck my wife?"

"Open the door… get away!!!"

mardi, 12 février 2008

Juno

ec863aacaf5c0a3ffb844a215d5094d6.jpgUn film formidable, frais et différent, à voir!!

Intigué par l'affiche autant que par l'existence d'un article dans le monde sur ce film, je suis allé, un peu à l'aveugle, le voir, et mon  intuition s'est confirmée dès le générique de début, puisque John Malkovich est à la production (comme pour Ghost World et Dancer Upstairs).

Et puis ce n'est pas que l'histoire d'une ado qui tombe enceinte par accident, c'est une confrontation entre deux univers. Le premier, le monde de Juno, classe moyenne, et le second, celui des parents adoptifs, aisé, propre, aux valeurs sûres.

Le bébé ne pouvant certainement pas naître et grandir dans le premier décor, puisque Juno est une lycéenne de 17 ans qui ne veut pas du bébé, mais que l'avortement répugne, il devra passer dans le second, juste après l'accouchement, chez ce couple formidable et fortuné.

Malgré la situation particulière qu'elle vit et les difficulté évidente qu'elle rencontre en étant enceinte et scolarisée, Juno est adirablement épaulée par ses parents et sa meilleur amie qui prennent les choses comme elles viennent, ne la juge pas et font tout pour aider cette fille formidable et entière, qui parce qu'elle ne se protège pas dans ses rapports sociaux (ainsi que lors de son premier et unique rapport sexuel) a bien besoin d'eux.

Les goûts musicaux de Juno rejoignent ceux de Mark, le futur père adoptif, ce qui donne lieu à une BO formidable, mais alors qu'elle peut assumer ses choix de vie et ses goûts, Mark doir reléguer sa vie dans des cartons pour laisser la place au style bourgeois de sa femme Vanessa.

Au fil des saisons qui rythment le film et l'avancée de la grossesse, la situation de départ, de l'ado tombée enceinte par accident, laisse peu à peu la place à une nouvelle donne ou Juno devient la seulle référence mature et stable et ses choix s'imposent alors comme étant les plus sains pour tous.

mardi, 05 février 2008

Promets-moi

7953ca0d903e6b374c8bbbdcc7260d75.jpgLe dernier Kusturica, sorti mercredi dernier et que j'ai vu aujourd'hui, avec un peu de déception quand même.

Dans Promets-moi, il y a du Temps des gitans et de La vie est un miracle, mais en moins bien, en version bis, on connait déjà les personnages et leurs caractères, le film n'apporte pas grand chose à la filmo du serbe.

C'est une sorte de reprise du thème du ras des villes et du ras des champs, dans les préalables nuptiaux de deux couples, de deux générations, un grand père et son petit fils qui ont toujours vécu seuls, dans leur village, loin de tout, troublé par les arrivées intempestives et toujours en musique de visiteurs forcément génants dans ce hâvre de paix (peut-être un peu comme à Küstendorf?).

Oui l'actrice est très jolie et pleine de talent, mais les méchants zoophiles, les gros flingues et les orchestres qui jouent même sous les bombes, on a déjà vu…

Dommage que Kusturica ne cherche pas un peu ailleurs son inspiration…

Apparement il laisse un peu les reines à son fils Stribor, qui compose et joue la musique et interprête un rôle important, mais on reste dans le confort de l'identité kalachnikof, pitbull terrier et ringe ringe raya… 

Mais sinon c'est bien quand même, je peux pas prétendre m'être ennuyé, et puis les inventions/pièges du papy sont assez drôle, film à voir quand même, mais en DVD? 

Novecento: pianiste

ec2f392e0d5665e63bc2bbcb3f884d80.jpgUne autre nouvelle de Alessandro Barrico, après Soie.

L'histoire d'un pianiste qui vit sa vie entière sur un paquebot ou il joue lors des longs mois de croisières, et qui a décidé de ne pas descendre aux escales.

Une nouvelle fois Barrico montre un style unique, atypique et passionant, qui fait d'histoires annodines, des livres formidables.

Un auteur donc qui ne m'a encore jamais déçu, et que j'ai été particulièrement heureux de retrouver lors de la sortie de son dernier roman, Cette histoire là, en 2007, même si les nouvelles que j'avais lus étaient très bonnes, c'est toujours un peu frustrant qu'un bon livre soit si court! 

Cette nouvelle est jouée au théatre de l'Étoile Royale, à Lyon, ces jours-ci, j'ai hâte de voir ce que peut donner ce texte sur les planches! 

Arizona Dream

53e7189f021d059afd09bb9305faa473.jpgLE film américain d'Émir Kusturica, le seul, toujours serbe avant, et toujours serbe après, mais quel film! Le cinéaste met son imagerie baroque et sa science de l'absurde au service de ce projet à la distribution rêvée, tant sur l'écran: Johnny Depp, Jerry Lewis, Fay Dunaway, Lili Taymor et Vincent Gallo, qu'à la musique, bande originale composée à quatre mains par Goran Bregovic et Iggy Pop (qui, pour la petite histoire, se fachèrent pour les droits pendant les années 90, ce qui fit monter la valeur de l'exemplaire de la BO à 600F).

Tout juste après les merveilleux Temps des gitants et Papa est en voyage d'affaires, Kusturica découvrait donc l'amérique, tout comme son héros, Alex (interprété par Johnny Depp), sorte de pionnier qui rêve en comptant ses poissons en se remémorant les paroles de sa mère qui lui disait chaque matin à son réveil: "Good morning Colombus".

Comme nos rêves sont empreints de réels, les poissons de New York suivent alors Alex (en volant!) quand son cousin vient le chercher, en le saoulant pour le ramener vers leur oncle qui prépare ses noces et veut léguer aux jeunes son rêve américain, son magasin de cadillacs.

Tiré de son rêve citadin, Alex s'en construit un autre, dément, baroque, avec deux femmes, qui vont lui prendre son coeur et sa raison, dans cette maison ou il devient inventeur, gigolo, poulle…

lundi, 04 février 2008

All That Jazz

1abd2ea746a3a867130cccf6e2d62e6c.jpgUn film de Bob Fosse, un classique.

Il s'agit d'un metteur en scène, compètement pris par son travail, ses créations, qui est son travail. Il est malade, son corps ne suit plus sa tête, il bouillone, son corps n'en peut plus.

Comme les drogués de Requiem for a Dream, il répète tous les matins le même rituel, et donc, même séquence à l'écran.

Le créateur est fascinant, le film est très bon, l'homme est entouré de femmes, qui l'assistent, qu'elles soient ses maîtresses, ses comédiennes ou sa fille, elles vivent de et par lui, comme un dieu dans son univers propre, entouré de ses créations, jusqu'à ce qu'elles s'émancipent dans cette séquence superbe ou sa compagne et sa fille mettent en scène pour lui un numéro en son honneur, dans leur appartement, qui ne peut aussi qu'être lieu de création.

Mais le créateur est mortel, il est malade, à l'hopital, mais il ne peut accepter la règle du faillible, comme pour ses oeuvres, il veut la perfection de la représentation pour lui, et il retourne sur scène pour diriger encore et encore, jusqu'à son dernier souffle. 

vendredi, 01 février 2008

Les 9 reines

466909e77f27da8fff7cc7c1ef5f64eb.jpgUn petit film argentin d'une bonne facture ou l'on suit pendant deux heures Marcos et Juan, deux petits arnaqueurs aui s'associent le temps d'une journée pour augmenter leurs bénéfices respectifs.

Les deux compères ont bientôt l'occasion de réaliser le coup de leur vie, obligés de travailler ensembles, s'étant rendu tous les deux indispensables au projet.

Mais en plus des difficultés qu'ils auront à réussir une arnaque à près d'un demi-millon de dollars, ils vont en parallèle devoir se méfier l'un de l'autre, parce qu'ils ne s'épargneront pas.

Fabian Bielinski réussi alors un film simple au scénario efficace, et au budjet minime avec un fond de critique sur la société argentine et sa corruption.

Le complot contre l'amérique

8666add0f0470a51bf8c7539e73d30e4.jpgUn autre roman de Philip Roth, de 2004, une fable politique ou il imagine ce qu'il serait advenu si Lindberg avait gagné les élections présidentielles américaines de 1941. Sachant que Lindberg avait des sympaties avec le régime nazi…

Mais ce postulat de départ n'est finalement pas creusé bien plus loin et c'est finalement une nouvelle excuse pour Roth qui met à nouveau en scène "sa" famille juive américaine, par laquelle on va suivre les évenements qui découlent de cette catastrophe. 

Du coup on entre pas non plus dans le Panthéon des livres de ce genre, tels 1984 ou Farenheit 451… 

Pastorale américaine


5040fd3f8f5a5253a049b94b8da99a74.jpgOù Phillip Roth passe au vitriol le rêve américain: dans un coquète famille de Newark, le drâme d'un père qui voit advenir l'alcoolisme de son ex-miss New Jersey d'épouse et la dérive extrémiste, fondamentaliste de sa fille.

Mais quand même un très beau livre, un roman agréable, salué par la critique et surement le plus digeste des Roth qui s'adonne parfois à des écritures plus complexes, en rapport étroit avec sa judaicité.

lundi, 28 janvier 2008

De battre mon coeur s'est arrêté

5cd991c3eb9116bd3dbd9bd3f50f6d43.jpgEt en quatre films Jacques Audiard nous "prouve" qu'il est un grand metteur en scène (surtout avec Sur mes lèvres en fait).

Mais c'est peut être aussi Romain Duris qui fait qu'un film est bon, après avoir largement porté la filmo de Tony Gatlif, de Cédric Klapisch et d'Olivier Dahan, l'acteur nous impressionne une fois encore par son talent.

Comme une sorte de Don Juan ultime, son personnage fait littéralement tomber les filles qu'il croise

Il est viril, dûr, ce qui lui permet d'exceller dans son métier, relativement immonde, qui consiste à faire déguerpir des locataires génants en leur montrant, par tous les moyens, les désagréments (provoqués) de leurs logements.

Sa relation assez tordue et malsaine avec son père, qui est aussi son mentor ne lui donnant pas des possibiltés suffisantes pour s'épanouir et s'emmanciper, il finit par se racheter grâce au piano, décidément symbole d'une réussite saine (déjà chez Nancy Huston, Frank Conroy…) et devient alors monogame (ah! ah!).

Match Point

600ab5e264a99c5de291f2695232f098.jpgOn peut dire de Woody Allen que c'est un auteur prolifique, ayant réalisé 40 longs métrages en 40 ans, ça doit même faire rêver nos amis créateurs de films courts qui mettent plusieurs années pour produire leurs projets…

Je ne prétends pas avoir tout vu dans cette copieuse filmo, mais j'ai quand même l'impression que la réalisation de Match Point est le commencement d'une nouvelle carrière, d'un nouveau souffle dans le parcours du cinéaste américain, concrétisé par la suite par Scoop et Le rëve de Cassandre.

On a vu souvent le réalisateur se mettre en scène, accompagné de femmes immenses, s'interrogeant en long en large ET en travers sur la sexualité de ses contemporains.

Ici, il nous offre un vrai polard, hitchcockien, de très belles images (surtout la couleur), une dramaturgie très bien menée, linéaire et un scénario original, prenant, qu'on peut peut-être rapprocher de certains livres d'Agatha Christie.

Et puis y a Scarlett, et la femme fatale laisse place à la femme enfant, actrice superbe et talentueuse… formant duo avec Jonathan Rhys-Meyers, ils servent impécablement le film.

Narcisse et Goldmund

b139161cf6edd8a3d3322f72c44eb49d.jpgAprès pas mal de notes sur de la littérature contemporaine, faisons un détour sur quelquechose de plus ancien, du début du siècle dernier, du côté de l'existantialisme allemand, avec ce très bel ouvrage de Hermann Hesse, un auteur que j'adore (Le loup de Steppes…).

Dans ce roman (la destiné des personnages est phylosophique, pas le traitement), on suit la trajectoire de deux amis qui, après avoir grandis ensembles, se trouvent à l'opposé dans leurs choix de vie adulte, l'un persistant dans la vie monascale, l'autre prenant la route, pour se trouver, découvrir ce qu'il est, vivre au grand jour des aventures.

S'oppose alors le prévu et l'imprévu, on suit principalement le voyageur qui cotoie des paysannes, la peste… qui se réalise finalement comme artiste auprès d'un maître, retourne au monastère pour y réaliser l'oeuvre (sculture) de sa vie, puis part à nouveau sur les routes, tel Don Quichotte.

Les aventures et les rencontres de Goldmund sont tout à fait passionantes, et on ne s'ennuie jamais dans ce livre, les petits passages métaphysiques (pas du tout inintéressants et qui peuvent nous amener à de bonnes introspections) laissent très vite place à la dramaturgie.

jeudi, 24 janvier 2008

No country for old men

2594fc9231056b8e1facb7a3aedd948d.jpgATTENTION c'est très violent, et en fait assez différent de ce qu'ont fait les frères Coen jusque là, il y a du renouvelement dans l'univers des deux frangins, et c'est pas mal… mais c'est peut-être encore un peu tôt dans ce nouveau virage et le film est assez décevant (bien sûr je n'engage que moi, mais ça va de soit… non?).

L'histoire commence quand un homme qui chasse dans le désert, et part à la poursuite d'un animal qu'il a touché, se trouve face à d'autres gibiers imprévus, des hommes qui se sont fusillés "à la O.K. Corral". Car ici les hommes sont traqués et traqueurs, retour complet à la bestialité et à la logique primaire de survie.

C'est aussi une question de domination, physique, mais qui implique aussi un univers psychologique, chaque homme/animal a ses codes, et sa capacité de domination physique va lui permettre de montrer la suppériorité de ses codes; l'argent, l'intrépidité, la folie et la tradition pour les quatre hommes qui portent ce film.

Javier Bardem, est saisissant de cruauté et de violence, vraiment impressionant, surtout pour un type qui a dans le passé joué des rôles d'homo et de tétraplégique (Mar Adentro).

On est content aussi de retrouver Tommy Lee Jones (bien meilleur que dans son western, trois enterrements) et Woody Arrelson .

Le rythme du film est un peu étrange puisqu'on est embarqué pendant une bonne période centrale dans un suspens très prenant, le tout entouré de deux séquences calmes, Tommy Lee Jones moralisant, regretant le bon vieux temps…

mercredi, 23 janvier 2008

Soie

6afa1591d87bafc79d052c153bdc2190.jpgUn très bon livre, et très court de Alessandro Baricco qui laisse la part belle au processus de narration, très inventif, mettant de côté la dramaturgie très mince, souvent répétée (cf le trajet de la France au Japon toujours sous la même forme avec les mêmes phrases).

Baricco est un expérimentateur de la forme littéraire, comme dans Cette histoire là, il cherche des manières de dire originales et c'est ce qui fait le plaisir de cette lecture pas commune.

Pour nous autre lyonnais, il est amusant en plus de se replonger dans cette histoire qui parle de la découverte de la route de la soie, ce qui rendit notre ville si fameuse! 

15:35 Publié dans